Étzer Émile : Quand une communication ambiguë dévie le message

Étzer Émile : Quand une communication ambiguë dévie le message

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L’affaire du professeur et économiste haïtien Étzer Émile est devenue emblématique de l’échec d’une communication pourtant porteuse d’un message légitime. Le fond de sa déclaration était une interpellation constructive visant à confronter la fierté du passé avec l’inaction du présent : « Qu’avons-nous fait, nous, pour rendre nos ancêtres fiers ? »
Cependant, au lieu de déclencher un débat sur la responsabilité actuelle, ses propos ont été largement perçus comme un manque de respect envers les fondateurs de la nation.


Dans ce cas, la communication a manqué de fluidité et de clarté stratégique. Une communication est non fluide lorsqu’elle permet à des éléments sensibles de faire dérailler l’ensemble du discours.

  • Le Facteur Émotionnel : En abordant un sujet aussi chargé émotionnellement que les ancêtres en Haïti, la communication doit être balisée. L’absence d’un garde-fou (une déclaration claire et immédiate réaffirmant le respect) a permis à la sensibilité historique d’éclipser l’intention rationnelle.
  • L’Arme des Détracteurs : L’ambiguïté a fourni aux critiques l’outil parfait pour isoler une phrase et en faire une caricature mensongère. La communication a ainsi échoué à être autonome et résistante à la distorsion.
  • La Priorité Manquée : En ne s’assurant pas que la conclusion (le défi lancé à la jeunesse) soit la partie la plus percutante, Émile a laissé l’élément le plus fragile (la critique implicite) prendre le contrôle du discours public.

La Leçon : Reformuler pour la Sécurité


Pour éviter ce piège, une communication fluide doit être stratégique et protectrice.
Le message aurait pu être reformulé de la manière suivante pour garantir que l’intention soit préservée :

« Je ne remets jamais en question le sacrifice héroïque de nos pères fondateurs. Mais notre plus grand hommage ne devrait pas être la simple récitation de leurs exploits. Le véritable honneur, c’est de construire une nation qui leur ressemble par sa grandeur, en utilisant les outils et la technologie d’aujourd’hui. Je nous lance donc ce défi : qu’allons-nous faire pour que, dans 200 ans, nos descendants soient fiers de nous ? »

Cette reformulation assure la fluidité : elle commence par le respect, affirme l’intention positive, et place le défi au centre, rendant très difficile toute tentative de le déformer en une insulte.

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