Décret électoral en Haïti : une avancée symbolique dans un pays toujours pris en otage par l’insécurité

Décret électoral en Haïti : une avancée symbolique dans un pays toujours pris en otage par l’insécurité

IMG_8105

Alors que le gouvernement annonce avec emphase l’adoption du projet de décret électoral, la réalité du terrain rappelle une vérité dure : aucun texte administratif, aussi important soit-il, ne suffit à masquer la crise sécuritaire qui étrangle la population.

Le Conseil des ministres a bien validé le document censé encadrer les futures élections. Une étape institutionnelle présentée comme « décisive » par certains acteurs de la transition. Mais pour une large partie du pays, cette décision ressemble davantage à un geste formel qu’à une réponse aux urgences les plus brûlantes.

Car pendant que l’État publie des décrets, les gangs continuent de tirer, de brûler des maisons, de bloquer les routes, et de forcer des milliers de personnes à fuir leurs quartiers. La population, elle, ne voit toujours aucun signe tangible d’un retour à la normale. Les familles vivent terrées, les marchés se vident, les corridors restent contrôlés par des groupes armés, et les routes nationales demeurent impraticables sans risque de mort.

Dans ces conditions, beaucoup s’interrogent : comment parler d’élections quand la liberté de se déplacer, de voter et même de survivre n’est pas garantie ?

Le Conseil électoral provisoire (CEP) devra certes publier le calendrier électoral, mais cette échéance apparaît presque théorique dans un pays où les bureaux de vote éventuels se situent, pour beaucoup, en zones totalement abandonnées à l’autorité criminelle.

Des voix s’élèvent déjà pour rappeler l’essentiel : la priorité nationale n’est pas le calendrier, mais la sécurité. Sans neutralisation durable des groupes armés, sans libération des routes, sans retour effectif des forces de l’ordre dans les zones occupées, aucun processus démocratique ne pourra être crédible, encore moins inclusif.

En réalité, ce décret révèle l’écart croissant entre l’action administrative de l’État et la réalité violente vécue par les citoyens. Un pays ne peut pas avancer vers des institutions légitimes lorsque son territoire reste fragmenté, ses habitants traqués et son avenir suspendu aux rafales automatiques.

L’adoption du décret Électorale est un acte purement politique.
Mais le rétablissement de la sécurité est le seul acte capable de sauver la nation.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

Partager maintenant