Haïti et l’OEA : Entre apparences diplomatiques et chaos réel

Haïti et l’OEA : Entre apparences diplomatiques et chaos réel

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Ce 2 décembre 2025, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) a reçu à la Villa d’Accueil une délégation de l’Organisation des États américains (OEA), conduite par le Secrétaire général Albert Ramdin. Officiellement, les discussions portaient sur la gouvernance, la sécurité et l’organisation des prochaines élections. Mais derrière cette façade protocolaire se cache une réalité inquiétante : le gouvernement haïtien semble incapable de prendre des décisions de manière autonome, dépendant entièrement du regard et de la validation d’acteurs internationaux.

La publication du décret électoral, survenue à quelques heures seulement de la visite de M. Ramdin, illustre parfaitement cette dépendance. L’acte n’est pas le fruit d’une initiative souveraine ou d’une volonté de répondre aux besoins du peuple haïtien, mais plutôt une tentative calculée de donner une impression de progrès et de rassurer la communauté internationale. Sur le terrain, cependant, la situation demeure dramatique : l’insécurité continue de croître, les gangs contrôlent de vastes zones et la population vit dans la peur quotidienne.

Les discussions avec l’OEA, bien que présentées comme des efforts pour consolider la paix et la stabilité, semblent davantage destinées à satisfaire les attentes diplomatiques qu’à résoudre les problèmes concrets. La « feuille de route » de l’organisation internationale risque de rester lettre morte si le gouvernement haïtien n’a ni la volonté ni la capacité de mettre en œuvre des mesures réelles pour restaurer la sécurité et l’ordre public.

Le paradoxe est frappant : un État qui dépend entièrement de la légitimité internationale pour montrer qu’il agit, alors que sur le terrain, la vie des citoyens haïtiens ne s’améliore pas. Cette visite, et les déclarations qui l’accompagnent, donnent l’illusion d’un progrès alors que la réalité est toute autre. L’insécurité, l’inefficacité institutionnelle et la paralysie de l’action gouvernementale continuent de miner tout espoir d’un avenir stable pour le pays.

Haïti a besoin de décisions courageuses et autonomes, d’une véritable application des lois et d’un rétablissement concret de la sécurité, plutôt que de simples mises en scène destinées à impressionner les diplomates. Sans cela, tous les dialogues et feuilles de route risquent de n’être que de vaines promesses sur le papier, incapables d’améliorer la vie quotidienne de la population.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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