Haïti en détresse, le Conseil présidentiel réclame une prime de départ

Haïti en détresse, le Conseil présidentiel réclame une prime de départ

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Alors qu’Haïti s’enfonce chaque jour davantage dans l’insécurité, la faim et le désespoir, des membres du Conseil présidentiel de transition envisagent de s’octroyer une indemnité de départ après le 7 février 2026. Selon des informations confirmées par Métronome auprès d’une source officielle, cette prime serait comprise entre 500 000 et 600 000 dollars américains, certains conseillers ayant même réclamé des montants plus élevés. Plus grave encore, ces derniers menaceraient d’écarter le Premier ministre si leurs exigences financières ne sont pas satisfaites.

Cette initiative provoque une vive indignation dans un pays où la population survit sous la menace permanente des gangs armés, sans accès stable au travail, à l’éducation ni aux services de base. Des milliers de familles ont été déplacées, l’économie est paralysée et la majorité des citoyens vivent dans une précarité extrême. Dans un tel contexte, réclamer une prime de départ apparaît comme un acte de déconnexion totale de la réalité nationale.

Le Conseil présidentiel de transition avait pourtant une mission claire : rétablir un minimum de sécurité, apaiser le climat politique et créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. Or, ces objectifs n’ont pas été atteints. L’insécurité s’est intensifiée, la transition s’éternise et aucune perspective électorale sérieuse ne se profile à l’horizon. Malgré cet échec manifeste, certains conseillers semblent davantage préoccupés par leur confort personnel que par le bilan de leur gestion.

Cette situation renforce le sentiment d’abandon et de colère au sein de la population, déjà éprouvée par la crise multidimensionnelle. Les noms des conseillers à l’origine de cette demande devront être rendus publics, car le peuple haïtien a le droit de savoir qui, au sommet de l’État, transforme la transition en opportunité personnelle. Dans un pays à genoux, exiger une indemnité de départ n’est pas seulement un scandale politique, c’est une faute morale grave.

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