2025 : une balle perdue pour un Haïtien — 2026, l’année du refus collectif

2025 : une balle perdue pour un Haïtien — 2026, l’année du refus collectif

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Haïti aborde l’année 2026 avec les mêmes blessures profondes qui marquent son histoire récente. L’année 2025 se referme dans un climat de violence généralisée, d’insécurité chronique et d’abandon institutionnel. En Haïti, être citoyen équivaut de plus en plus à être une cible. Une balle perdue suffit à faucher une vie, un enlèvement peut survenir à tout moment, sans logique apparente, sans protection réelle, sans justice.

Tout au long de l’année 2025, la mort s’est banalisée. Le kidnapping s’est imposé comme une pratique courante, presque normalisée, pendant que des pans entiers du territoire national tombaient sous le contrôle de groupes armés. Face à cette avancée, l’État s’est montré incapable de reprendre le contrôle. Les discours officiels se sont multipliés, les promesses de sécurité ont été répétées, mais sur le terrain, la population n’a constaté aucune action concrète à la hauteur de l’urgence.

L’insécurité n’est plus une simple conséquence du dysfonctionnement de l’État ; elle est devenue un système. La corruption gangrène les institutions, l’impunité protège les responsables et les victimes sont laissées à elles-mêmes. Aucun véritable bilan n’a été présenté, aucun responsable majeur n’a été sanctionné, et aucune stratégie durable n’a été mise en œuvre pour protéger les citoyens. Pendant ce temps, la faim progresse, le chômage frappe durement les jeunes, et l’exil reste l’unique issue pour des milliers de familles.

Cette situation révèle avant tout l’échec des élites haïtiennes. Politiques, économiques, intellectuelles, culturelles et religieuses, elles ont largement échoué à répondre aux besoins fondamentaux du peuple. En se coupant de la réalité quotidienne des citoyens, ces élites ont contribué à l’aggravation de la crise sociale et sécuritaire. Conservatrices, solidaires entre elles et souvent indifférentes à la souffrance populaire, elles ont préféré préserver leurs intérêts plutôt que de bâtir un projet national fondé sur la justice et la dignité.

À l’aube de 2026, il ne s’agit plus d’espérer passivement un changement hypothétique. Le temps est venu de refuser clairement ce qui détruit la société haïtienne. Refuser l’impunité, refuser la corruption, refuser la faim comme normalité, refuser l’insécurité comme fatalité. Dire non aux chaînes visibles et invisibles qui enferment le pays, non à l’État absent, non à la violence érigée en mode de gouvernance.

La réalité est sans détour. Si les problèmes structurels ne sont pas résolus, Haïti risque soit de sombrer durablement dans une forme de dépendance et de domination extérieure, soit de voir sa civilisation s’éroder jusqu’à disparaître. L’avenir du pays ne se jouera ni dans les discours ni dans les promesses, mais dans la capacité des Haïtiens à reprendre en main leur destin collectif.

L’avenir d’Haïti dépend des Haïtiens.

2026 doit être l’année du refus, de la responsabilité et de la rupture

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