Fidèle à sa réputation de capitale artistique du Sud-Est, la ville de Jacmel a donné le coup d’envoi de son carnaval 2026 à l’issue d’une cérémonie officielle tenue à l’hôtel de ville. Cette 34e édition s’inscrit dans une volonté affirmée des autorités municipales de maintenir vivantes les traditions culturelles, malgré un contexte national marqué par l’incertitude sécuritaire.
Baptisé « Jacmel dans nos rêves », le thème retenu cette année se veut une invitation à la projection collective, à la création et à l’espérance. Selon les responsables municipaux, il s’agit de faire du carnaval un espace où l’art, l’histoire et l’imaginaire populaire se rencontrent pour raconter Jacmel autrement, au-delà des difficultés du quotidien.
L’activité de lancement a réuni des cadres de l’administration communale, des figures du milieu culturel, des responsables de bandes carnavalesques ainsi que des représentants d’organisations communautaires. Les discussions ont surtout porté sur le rôle stratégique du carnaval dans la valorisation du patrimoine immatériel, mais aussi sur son impact économique pour les artisans, les artistes et les petits commerçants de la ville.
Le comité organisateur affirme vouloir privilégier une approche inclusive, axée sur l’encadrement des groupes, la participation des jeunes créateurs et la promotion de l’artisanat local. Des animations culturelles, des défilés et des activités artistiques sont prévues tout au long de la saison, avec une attention particulière accordée au respect des traditions qui font la singularité du carnaval jacmélien.
En parallèle, des manifestations populaires ont été observées dans certains quartiers, notamment à Canapé Vert, où des bandes à pied ont animé l’espace public. Ces activités se sont déroulées sous surveillance, avec des mesures préventives visant à limiter les risques d’incidents, notamment l’interdiction du port d’armes pour les civils.
Si le carnaval demeure un puissant vecteur d’expression et de rassemblement, son organisation reste conditionnée par les enjeux sécuritaires qui freinent l’ampleur des festivités dans plusieurs régions du pays. À Jacmel, les autorités misent néanmoins sur la culture comme levier de cohésion sociale et de résistance symbolique face à l’instabilité.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




