Costa Rica : Laura Fernández élue présidente, un mandat tourné vers la continuité et la sécurité

Costa Rica : Laura Fernández élue présidente, un mandat tourné vers la continuité et la sécurité

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Le Costa Rica a choisi la continuité politique en élisant Laura Fernández, candidate du Parti Pueblo Soberano (PPSO) et protégée du président sortant Rodrigo Chaves. Avec près de 50 % des voix, elle dépasse largement le seuil de 40 % nécessaire pour l’emporter dès le premier tour, devenant ainsi la 50e présidente de l’histoire du pays. Álvaro Ramos, du Parti Liberación Nacional, arrive en deuxième position avec environ 33 % des suffrages, tandis que Claudia Dobles, de la Coalition Agenda Ciudadana, et Ariel Robles, du Frente Amplio, recueillent respectivement 4 % et 3 % des voix.

Au niveau législatif, le PPSO remporte la majorité relative avec 30 à 31 sièges sur 57. Bien qu’il s’agisse de la principale force politique, ce résultat est insuffisant pour obtenir la majorité absolue, imposant ainsi la nécessité de négociations avec les autres partis pour faire adopter certaines réformes.

Née en 1986, Laura Fernández est licenciée en sciences politiques et détentrice d’un master en politiques publiques et gouvernance démocratique de l’Université du Costa Rica. Elle a travaillé pendant huit ans au sein de la Secrétariat sectoriel de l’emploi public avant de devenir conseillère parlementaire, et a occupé des postes clés au sein du gouvernement Chaves, notamment en tant que ministre de la Planification et cheffe de cabinet. Elle a quitté ce poste en janvier 2025 pour se consacrer à sa campagne présidentielle avec le PPSO. Présentée comme « l’héritière » et garante de la « continuité du changement », Fernández capitalise sur la popularité de Chaves et s’inscrit dans la logique de maintien des réformes déjà engagées, notamment en matière de sécurité et de justice.

Son programme de gouvernement se concentre sur la justice et la sécurité humaine. Fernández promet de renforcer la lutte contre le crime organisé, de réformer le système judiciaire pour accélérer les enquêtes et les poursuites, et de mettre en place des mesures exceptionnelles dans les zones les plus touchées par la criminalité. Elle prévoit également la construction d’une prison de grande capacité, inspirée du modèle salvadorien, afin de centraliser la détention des criminels les plus dangereux. Cette orientation pourrait avoir des répercussions positives pour la sécurité régionale, en limitant la criminalité transfrontalière et en favorisant la coopération avec les pays voisins d’Amérique centrale. Une stabilité renforcée au Costa Rica pourrait également stimuler le tourisme et les investissements, contribuant ainsi à réduire les facteurs socio-économiques qui alimentent la criminalité dans la région.

La journée électorale s’est déroulée dans un climat général calme et sans incidents majeurs. Les 3,7 millions d’électeurs ont pu voter pendant 12 heures, avec une participation avoisinant 70 %, supérieure aux scrutins précédents. Quelques controverses ont marqué la journée, notamment les gestes moqueurs du président sortant Rodrigo Chaves envers certains de ses détracteurs. Plusieurs candidats ont condamné ces comportements, appelant au respect et à la responsabilité politique. La présidente du Tribunal suprême des élections, Eugenia Zamora, a qualifié le scrutin d’exemplaire et a rappelé la nécessité de maintenir un débat politique responsable, malgré les tensions observées durant la campagne.

La sécurité a été le thème central de la campagne, en raison de l’augmentation des homicides et de la présence de bandes criminelles dans le pays. Fernández s’est engagée à poursuivre et renforcer les politiques du gouvernement actuel, à moderniser le système judiciaire et à consolider les infrastructures de détention et de sécurité. Son mandat pourrait non seulement améliorer la sécurité intérieure du Costa Rica, mais aussi contribuer à la stabilité régionale en limitant le crime transfrontalier et en facilitant la coopération avec les pays voisins.

Avec l’élection de Laura Fernández, le Costa Rica s’engage donc dans un mandat de continuité politique et de renforcement de la sécurité nationale, avec des perspectives favorables pour la stabilité et le développement de la région.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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