Le président américain Donald Trump a annoncé son intention de demander aux agences fédérales, y compris au Pentagon, d’« identifier et libérer » les dossiers gouvernementaux relatifs aux objets volants non identifiés (OVNI) et à la vie extraterrestre. Une décision qui intervient dans un climat de regain d’intérêt public après des déclarations de l’ancien président Barack Obama sur les phénomènes aériens non identifiés.
Sans préciser si des documents classifiés seront effectivement déclassifiés, Trump affirme vouloir rendre publiques « toutes les informations liées à ces questions complexes, mais extrêmement intéressantes et importantes ».
Un sujet sensible au carrefour de la sécurité et du mystère
La question des OVNI – désormais officiellement désignés comme « phénomènes aériens non identifiés » (UAP) – a longtemps été reléguée au rang de théorie marginale. Toutefois, ces dernières années, le débat a gagné en crédibilité institutionnelle.
En 2024, le Pentagone avait déjà publié un rapport concluant qu’aucune preuve ne démontrait que ces phénomènes soient d’origine extraterrestre. Néanmoins, certaines observations demeuraient inexpliquées, alimentant spéculations et interrogations.
Les propos récents de Barack Obama, évoquant l’existence de phénomènes aériens dont « nous ne comprenons pas pleinement la nature », ont ravivé le débat public. Donald Trump a critiqué ces déclarations, estimant qu’elles n’auraient pas dû être faites, tout en décidant paradoxalement d’ouvrir les archives sur le sujet.
Soutiens bipartisans au Congrès
La décision présidentielle a reçu un accueil favorable au Capitole. La représentante républicaine Anna Paulina Luna, qui préside un groupe de travail sur les phénomènes aériens non identifiés, a salué l’initiative sur les réseaux sociaux.
De son côté, le sénateur démocrate John Fetterman a qualifié la décision de « fantastique », affirmant que « l’Amérique et le monde méritent la vérité ».
Ce rare consensus bipartisan témoigne d’une évolution du regard politique sur la question, autrefois moquée, désormais considérée comme relevant de la transparence institutionnelle.
Transparence ou calcul politique ?
Au-delà du mystère extraterrestre, l’annonce soulève une question stratégique : s’agit-il d’un véritable effort de transparence ou d’une initiative politique opportuniste ?
Dans un contexte où la confiance envers les institutions fédérales reste fragilisée, la déclassification partielle de dossiers sensibles pourrait renforcer l’image d’un exécutif favorable à la divulgation d’informations longtemps tenues secrètes.
Cependant, les experts rappellent que la publication de documents relatifs aux UAP concerne autant la sécurité nationale que l’hypothèse extraterrestre. Certains phénomènes observés pourraient relever de technologies étrangères avancées ou de programmes expérimentaux classifiés.
Autrement dit, l’enjeu dépasse largement la fascination populaire pour la vie extraterrestre.
Une ouverture sans garantie de révélations spectaculaires
Il convient de rappeler qu’ouvrir des archives ne signifie pas nécessairement révéler des preuves d’une vie extraterrestre. Les précédents rapports officiels ont systématiquement écarté cette hypothèse faute d’éléments tangibles.
La décision de Donald Trump marque néanmoins une étape politique importante : elle officialise l’idée que la question des OVNI n’est plus un sujet marginal, mais un dossier relevant de la gouvernance, de la sécurité et de la transparence démocratique.
Reste à savoir si cette ouverture annoncée lèvera réellement le voile sur des décennies de spéculations… ou si elle alimentera davantage encore le mystère.
Jean Yourry ATOUT,Uni fm




