18 mois après les balles, Jocelyn Justin toujours en attente d’une opération vitale

18 mois après les balles, Jocelyn Justin toujours en attente d’une opération vitale

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Le journaliste Jocelyn Justin continue de lutter, non seulement contre les séquelles de ses blessures, mais aussi contre le temps et l’attente. Grièvement atteint par balles lors de l’attaque armée du 24 décembre 2024 contre l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), il est aujourd’hui toujours en soins à Cuba, où il séjourne depuis plus de 18 mois.

Malgré la prise en charge médicale déjà entamée, son parcours de guérison reste incomplet. Une intervention chirurgicale au niveau de la bouche demeure indispensable pour stabiliser définitivement son état de santé. Mais cette étape cruciale est aujourd’hui suspendue à une contrainte financière : le paiement d’environ 1 300 dollars américains, une somme pourtant jugée déterminante pour la suite du traitement.

Dans les faits, cette situation place le journaliste dans une forme d’attente prolongée, où l’urgence médicale se heurte à des lenteurs administratives et à des difficultés de financement. Une réalité qui soulève de nombreuses interrogations au sein de plusieurs cercles professionnels et citoyens.

Dans le milieu de la presse, certains parlent d’une situation difficilement compréhensible, estimant qu’un professionnel blessé dans l’exercice de ses fonctions ne devrait pas se retrouver dans une telle précarité de prise en charge, surtout après un délai aussi long.

Les regards se tournent également vers les autorités sanitaires haïtiennes, notamment le ministère de la Santé publique et de la Population dirigé par le docteur Sinal Bertrand. Plusieurs voix estiment qu’un meilleur suivi et une réponse plus rapide auraient pu éviter que le dossier n’arrive à un tel niveau de blocage.

Au-delà du cas individuel, cette situation met en lumière une problématique plus large : celle de la continuité des soins pour les victimes de violence en Haïti, particulièrement celles qui ont été touchées dans l’exercice de leur profession. Elle pose aussi la question de la responsabilité de l’État face aux citoyens en situation médicale critique à l’étranger.

Aujourd’hui, après 18 mois d’attente, Jocelyn Justin reste suspendu à une décision. Une opération vitale, un montant relativement faible, mais une issue encore incertaine.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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