Une nouvelle manifestation d’étudiants en médecine s’est terminée dans le sang. Un étudiant de la Faculté de médecine de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a été blessé par balle ce mercredi à Bourdon, alors qu’il participait à une mobilisation pacifique exigeant la réouverture et la relocalisation de l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti (HUEH), plus connu sous le nom d’Hôpital général.
Les manifestants se dirigeaient vers la Primature afin de remettre leurs revendications aux autorités lorsque leur marche a été dispersée par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH). Selon plusieurs témoignages, des tirs ont été effectués au cours de l’intervention, atteignant un étudiant dont l’identité et l’état de santé n’avaient pas encore été officiellement confirmés.
Si les circonstances exactes de l’incident restent à établir, cette affaire ravive les inquiétudes autour du recours à la force contre des étudiants qui réclament la réouverture d’un hôpital public essentiel. Il s’agit de la deuxième mobilisation de ce type marquée par des violences contre des étudiants.
Pour les protestataires, les autorités ont répondu à leurs revendications par la répression plutôt que par le dialogue. Ils dénoncent la fermeture prolongée du HUEH, qui prive des milliers de patients de soins et compromet la formation pratique des futurs médecins. Plusieurs d’entre eux réclament désormais le départ du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils jugent incapable de répondre aux urgences du pays.
Au moment de la publication de cet article, ni la Primature ni la Direction générale de la PNH n’avaient réagi officiellement à cet incident. Alors que le système de santé haïtien continue de s’effondrer, cet épisode soulève une question de fond : les revendications des futurs médecins seront-elles enfin entendues autrement que par la force ?
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




