Un Premier ministre à l’agenda photographique chargé
Depuis sa prise de fonction, Alix Didier Fils‑Aimé semble plus occupé par les voyages officiels et les séances photo que par les urgences qui frappent Haïti. Les déplacements à l’étranger se multiplient, les communiqués et les photos sur les réseaux sociaux pullulent, mais les problèmes concrets du pays restent ignorés.
Pendant ce temps, les citoyens subissent une crise sécuritaire, économique et sociale sans précédent. Les gangs continuent de sévir, les services publics sont inexistants, et les ressources de l’État sont gaspillées. La bonne gouvernance semble avoir été remplacée par une stratégie de communication superficielle.
Gabegies et dépenses inutiles : le spectacle prend le pas sur l’action
Les critiques se multiplient sur la gestion financière du gouvernement. Chaque voyage officiel entraîne des dépenses considérables, souvent sans justification claire. Les milliards de gourdes du budget public sont dilapidés, tandis que la population n’a pas accès aux services essentiels.
Les observateurs dénoncent une administration où le paraître prime sur l’efficacité. Plutôt que de gérer les priorités nationales, le Premier ministre préfère être photographié lors d’événements protocolaires, créant l’illusion d’un leadership actif et engagé.
Un décalage avec les besoins réels du pays
Haïti fait face à des crises multiples : insécurité, pénuries alimentaires, infrastructures, défaillantes et corruption endémique. Chaque décision du gouvernement devrait viser à répondre à ces urgences. Pourtant, le calendrier du Premier ministre semble dicté par les opportunités médiatiques, et non par les besoins réels de la population.
Cette approche déconnectée accentue le ressentiment populaire. Les citoyens observent avec frustration que leurs problèmes sont ignorés, remplacés par des images et des hashtags soigneusement sélectionnés pour créer un faux sentiment d’action.
L’urgence d’une gouvernance responsable
Le peuple haïtien ne peut plus tolérer que la gestion du pays soit sacrifiée au profit des voyages et des séances photo. Les crises actuelles exigent des mesures concrètes, une allocation transparente des ressources et une vision stratégique pour rétablir la sécurité et l’économie.
Il est temps que le Premier ministre cesse le spectacle et mette en œuvre une vraie politique de gouvernance, où chaque décision profite au peuple et non à l’image de son cabinet.
Le vrai leadership se mesure aux actes, pas aux clichés
Les voyages et les photos ne nourrissent pas les enfants, ne réparent pas les routes et ne protègent pas les quartiers contre les gangs. Le leadership se mesure à la capacité de répondre aux urgences, de gérer les ressources publiques avec efficacité et de restaurer la confiance des citoyens.
Haïti ne peut plus se contenter d’un gouvernement qui préfère la mise en scène à l’action. Le moment est venu pour le peuple d’exiger que la bonne gouvernance reprenne le dessus, et que les voyages et les selfies laissent place à l’efficacité et à la responsabilité.
Abdias DENIS
Spécialiste en Développement Philosophe – Politologue Professeur -Journaliste
Essayiste – Pamphletaire




