Pendant que la majorité des Haïtiens se bat chaque jour pour survivre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble évoluer dans un autre monde. Un monde de privilèges, de dépenses contestées et de faveurs accordées à un cercle d’amis, pendant que les contribuables eux vivent une existence faite de privations, d’angoisse et de faim.
Un pouvoir qui dépense sans pudeur
Dans un pays au bord de l’asphyxie économique, chaque gourde devrait être gérée avec rigueur. Pourtant, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’impression dominante est celle d’un pouvoir qui distribue les ressources publiques comme s’il s’agissait d’un trésor personnel.
Postes offerts aux proches, avantages accordés aux alliés, dépenses jugées extravagantes : la liste des critiques ne cesse de s’allonger. Aux yeux de nombreux citoyens, le chef du gouvernement persiste et signe dans une gestion qui privilégie les amis du pouvoir plutôt que l’intérêt national.
Pendant que le pouvoir festoie, le peuple a faim
La réalité de la population haïtienne est brutale. Dans les quartiers populaires et dans les provinces, des milliers de familles vivent une tragédie silencieuse : elles ne savent pas si elles mangeront aujourd’hui. Pour beaucoup, un seul repas par jour est devenu la norme. Pour d’autres, même cela relève parfois de l’impossible. Les contribuables, déjà écrasés par l’insécurité et la flambée des prix, voient leurs maigres ressources disparaître dans un système qui ne leur offre ni protection ni espoir.
La vie du peuple haïtien est devenue une véritable lutte quotidienne, une existence aux dents de scie faite de sacrifices et de renoncements. L’indécence du contraste
Ce qui choque le plus, c’est le contraste. D’un côté, un pouvoir qui semble s’accommoder des privilèges et des largesses. De l’autre, un peuple qui compte les grains de riz dans son assiette.
Ce fossé grandissant nourrit la colère et le sentiment d’abandon. Car lorsque les dirigeants vivent comme si la crise n’existait pas, ils envoient un message clair : la souffrance du peuple n’est pas leur priorité.
La colère monte
Dans les rues, dans les marchés, dans les transports publics, la même question revient : jusqu’à quand ?
Jusqu’à quand les contribuables devront-ils payer pour les excès et les privilèges d’une élite politique déconnectée ? Jusqu’à quand les ressources du pays seront-elles utilisées pour entretenir des réseaux d’amitiés politiques au lieu de soulager la misère collective ?
Un pays au bord de la rupture
Haïti ne peut plus se permettre une gouvernance de complaisance. À l’heure où l’État peine à garantir la sécurité, l’alimentation et les services essentiels, chaque décision du pouvoir est scrutée, jugée et contestée.
Si ceux qui gouvernent continuent d’ignorer la détresse du peuple, la fracture entre dirigeants et citoyens risque de devenir irréparable. Et l’histoire montre une chose : un peuple qui a faim finit toujours par demander des comptes.
Abdias DENIS
Spécialiste en développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire




