Alix Didier Fils-Aimé : Pompier pyromane de l’austérité

Alix Didier Fils-Aimé : Pompier pyromane de l’austérité

IMG-20260401-WA0000

Quand un pompier pyromane, qui éteint le feu qu’il a contribué à allumer

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à travers un circulaire 017, prend des mesures d’austérité où il dit qu’ il n’y a plus de véhicules officiels, budgets carburant amputés, escortes réduites, voyages soumis à autorisation. L’État se “serre la ceinture”. Mais derrière l’austérité affichée, une réalité politique éclate : celui qui impose aujourd’hui la rigueur est le même qui, hier, a signé, autorisé et défendu des contrats publics aux montants faramineux, sans transparence ni appel d’offres solide.

Des contrats colossaux, une gestion à crédit

Sous l’autorité de Alix Didier Fils-Aimé, plusieurs marchés publics ont été dénoncés par des observateurs, des journalistes et des acteurs de la société civile comme étant disproportionnés, opaques ou dépourvus de justification budgétaire claire.

Des contrats énergétiques ou logistiques, par exemple, ont été qualifiés de “faramineux” par les critiques  des dépenses qui ont pesé lourd sur des finances déjà fragiles, et qui, aujourd’hui, servent d’argument pour imposer l’austérité.

Quand l’austérité devient spectacle politique

Le gouvernement avance des motifs légitimes : flambée des prix du pétrole, marchés internationaux instables, nécessité de protéger les services essentiels.

Mais cette rhétorique se heurte à une contradiction évidente : comment justifier une discipline budgétaire sévère maintenant, après des années de dépenses publiques considérables, sans transparence, ni reddition de comptes ?

Les acteurs économiques dénoncent des accords de plusieurs dizaines ou centaines de millions — des montants qui, demain, pèsent dans l’équation budgétaire que le Premier ministre veut équilibrer.

État contracté, population étranglée

La réduction forcée des dépenses aura un impact direct sur la vie des Haïtiennes et des Haïtiens. Moins de carburant pour l’administration, moins de déplacements officiels, plus de restrictions sur les missions publiques… tout cela fragilise un appareil étatique déjà en souffrance.

Pour la population, l’austérité se traduit par :

des services publics plus lents,

moins d’interventions de l’État dans les zones vulnérables,

un accès réduit aux fonctions vitales du gouvernement.

Pendant ce temps, les contrats passés dans les années précédentes continuent de peser sur les comptes publics.

Pompier pyromane : l’ironie du spectacle politique

Le Premier ministre se présente comme celui qui “remet de l’ordre”. Il réclame de la rigueur budgétaire.

Mais les mêmes observateurs dénoncent que les contrats antérieurs, signés sous son autorité, sont parmi ceux qui ont fragilisé le budget national, et que l’austérité d’aujourd’hui n’est rien d’autre qu’une tentative de masquer les conséquences de ces décisions.

Maintenir le cap ou continuer à brûler ?

La crise actuelle impose une exigence :

que l’État ne se contente pas de serrer la ceinture,

que les priorités soient réellement les services essentiels,

et surtout que la transparence et la responsabilité remplacent les dépenses opaques et les contrats non justifiés.

Car serrer la ceinture ne suffit pas. Il faut éteindre le feu à sa source, et reconstruire un État capable de protéger ses citoyens, et non de les punir pour des erreurs de gestion passées.

Abdias DENIS
Spécialiste en Développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire

Partager maintenant