Artibonite : une nouvelle vague de violences plonge la population dans la terreur et l’abandon

Artibonite : une nouvelle vague de violences plonge la population dans la terreur et l’abandon

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Par Jean Yourry ATOUT

La situation sécuritaire continue de se détériorer dans le département de l’Artibonite. Ce mardi, plusieurs localités, dont Pont-Benoît, Bwajou et Carrefour Roger, ont été la cible d’attaques violentes attribuées aux groupes armés de Savien. Le bilan humain reste encore incertain, mais des sources locales font état de plusieurs morts et de nombreuses habitations incendiées.

Selon des témoignages recueillis sur place, des hommes lourdement armés ont investi ces zones en début de journée, semant la panique parmi les habitants. Pris de court, ces derniers ont été contraints d’abandonner leurs maisons pour tenter d’échapper aux violences. Des familles entières ont fui, laissant derrière elles leurs biens, désormais réduits en cendres.

« Ils ont tiré sans distinction. Nous avons couru pour sauver nos vies. Tout est perdu », confie un habitant en fuite, joint par téléphone. Comme lui, des dizaines d’autres déplacés lancent un appel désespéré aux autorités pour une intervention urgente des forces de l’ordre.

Cette nouvelle série d’attaques survient dans un contexte déjà marqué par une extrême tension dans la région. Dimanche dernier, la localité de Jean-Denis, toujours dans l’Artibonite, avait été le théâtre d’un massacre ayant coûté la vie à plus de 70 personnes selon des sources locales. Un drame qui avait profondément choqué l’opinion publique, sans pour autant susciter de réponse concrète et immédiate de l’État.

Face à cette escalade de la violence, l’absence de réaction officielle alimente colère et incompréhension. Jusqu’à présent, aucune communication claire n’a été faite par le gouvernement sur les événements récents. Le silence des autorités contraste fortement avec l’urgence de la situation sur le terrain.

Par ailleurs, l’attention portée par l’exécutif à d’autres dossiers, notamment la question sensible de l’ajustement des prix du carburant, est perçue par une partie de la population comme un signe de déconnexion face à la gravité de la crise sécuritaire. Pendant que certaines décisions économiques sont en discussion, des citoyens continuent de perdre la vie dans des conditions tragiques.

Dans l’Artibonite, la peur s’installe durablement. Les déplacements forcés se multiplient, les activités économiques sont paralysées et le tissu social se fragilise davantage. Pour de nombreux observateurs, cette situation met en lumière l’incapacité persistante de l’État à garantir la sécurité des citoyens, notamment dans les zones rurales.

Alors que les appels à l’aide se multiplient, une question demeure : combien de vies faudra-t-il encore perdre avant une réponse ferme et coordonnée des autorités ?

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