Partout dans le monde, une tendance claire se dessine : les prix du pétrole chutent sur le marché international. Cette baisse devrait logiquement se traduire par un soulagement pour les populations, une réduction du coût du transport, une baisse des prix des produits de première nécessité. Bref, un peu d’oxygène pour des économies asphyxiées.
Mais en Haïti, rien ne change.
Ou plutôt : rien ne baisse.
Face à cette réalité, une question simple, directe, incontournable s’impose : pourquoi le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé refuse-t-il jusqu’à présent de réduire significativement les prix du carburant à la pompe ?
Car il ne s’agit pas d’un détail technique. Le prix du carburant est au cœur de la vie quotidienne. Il détermine le coût du transport, influence les prix des denrées alimentaires, impacte le pouvoir d’achat déjà fragile de millions de citoyens. Maintenir des prix élevés alors que le marché international est en baisse revient à imposer une pression supplémentaire sur un peuple déjà à bout.
Ce décalage entre la réalité internationale et la politique locale n’est pas anodin. Il interroge. Il dérange.
S’agit-il d’un choix économique assumé ? D’une incapacité à ajuster les politiques publiques ? Ou pire : d’une volonté de profiter d’une situation opaque pour maintenir des marges au détriment de la population ?
Le silence du pouvoir sur cette question est, en lui-même, révélateur.
Car pendant que les prix restent élevés, ce sont les chauffeurs qui suffoquent, les commerçants qui répercutent les coûts, et les familles qui paient la facture. Encore une fois, c’est le peuple qui absorbe les chocs, pendant que ceux qui gouvernent restent à l’abri.
Dans un pays déjà frappé par l’insécurité, la faim et l’instabilité, refuser de répercuter une baisse internationale du pétrole sur les prix locaux est plus qu’une erreur : c’est une injustice.
Le gouvernement a une responsabilité claire : protéger le pouvoir d’achat, alléger les souffrances, agir avec transparence.
Alors pourquoi ce refus ?
Pourquoi ce blocage ?
Pourquoi ce mépris silencieux face à une évidence économique ?
Le peuple haïtien n’a pas besoin d’explications floues. Il a besoin d’actes concrets.
Baisser le prix du carburant aujourd’hui, ce n’est pas une faveur. C’est une obligation morale, économique et politique.
Et chaque jour qui passe sans décision renforce un peu plus l’idée que ce pouvoir n’est pas au service du peuple, mais au-dessus de lui.
Abdias DENIS
Spécialiste en Développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire




