Le Chili a élu un nouveau président à l’issue d’un scrutin marqué par une forte mobilisation électorale et une polarisation politique prononcée. Le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, du Parti républicain, a remporté l’élection présidentielle avec 58,30 % des suffrages, devançant la candidate de gauche Jeannette Jara, qui a obtenu 41,70 %, selon des résultats partiels portant sur 76 % des bulletins dépouillés.
Avocat de formation et ancien député, José Antonio Kast, âgé de 59 ans, accède à la magistrature suprême après sa troisième candidature. Le scrutin, rendu obligatoire, a mobilisé près de 16 millions d’électeurs, avec de longues files d’attente observées dans plusieurs régions du pays, traduisant l’enjeu majeur de cette élection pour la société chilienne.
Dès la publication des premières tendances jugées irréversibles, des scènes de célébration ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Santiago, où des partisans du président élu ont investi l’espace public en brandissant des drapeaux nationaux. De son côté, Jeannette Jara, ancienne ministre du Travail du président sortant Gabriel Boric, a reconnu sa défaite peu après l’annonce des résultats, saluant le verdict des urnes et adressant ses vœux de réussite au nouveau chef de l’État.
La campagne électorale a été dominée par les thèmes de la sécurité, de la criminalité et de l’immigration, dans un contexte de montée des préoccupations liées à l’ordre public. José Antonio Kast a axé son discours sur une politique sécuritaire renforcée, promettant notamment l’expulsion de migrants en situation irrégulière, en majorité originaires du Venezuela. Face à lui, Jeannette Jara défendait un programme à forte dimension sociale, centré sur l’augmentation du salaire minimum, la protection du système de retraites et le renforcement des droits des travailleurs.
Personnalité conservatrice assumée, José Antonio Kast défend une vision traditionnelle de la famille et des valeurs sociales. Marié et père de neuf enfants, il s’est opposé par le passé à l’avortement, y compris en cas de viol, ainsi qu’au mariage entre personnes de même sexe. Ses prises de position sur l’ancien dictateur Augusto Pinochet continuent de susciter de vives critiques au sein d’une partie de la classe politique et des organisations de défense des droits humains.
Sur le plan international, sa victoire a été accueillie par plusieurs réactions, notamment en provenance des États-Unis, qui ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération bilatérale avec Santiago, en particulier dans les domaines de la sécurité, de l’immigration et du commerce. Le nouveau président hérite toutefois d’un pays profondément divisé, confronté à des défis économiques, sociaux et sécuritaires majeurs.
Dans son premier discours après l’annonce des résultats, José Antonio Kast a affirmé vouloir être « le président de tous les Chiliens » et s’est engagé à rechercher l’unité nationale. Son mandat s’ouvre sous l’attention soutenue de l’opinion publique chilienne et de la communauté internationale, alors que le pays entre dans une nouvelle phase politique.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




