Commémorer Toussaint en trahissant le peuple : la faillite politique de l’État

Commémorer Toussaint en trahissant le peuple : la faillite politique de l’État

IMG-20260407-WA0031

Une insulte à la mémoire nationale

Quand Alix Didier Fils-Aimé prétend commémorer Toussaint Louverture, il ne s’agit pas d’un hommage  mais d’un acte politique profondément cynique.
Car dans un pays où le sang coule encore, invoquer Toussaint sans défendre le peuple relève d’une imposture. On ne peut pas se réclamer de l’héritage de la libération tout en administrant, dans les faits, l’abandon et l’impuissance.

1. Un pouvoir qui organise son propre déni
2. Le problème n’est pas seulement le silence.
3. Le problème, c’est un pouvoir qui institutionnalise le silence.

Face aux massacres répétés, à l’effondrement sécuritaire, à la terreur qui s’installe dans les quartiers, l’absence de parole forte du Premier ministre n’est pas une omission — c’est une ligne politique.

1. Ne pas nommer, c’est normaliser.
2. Ne pas agir, c’est laisser faire.

En ce sens, Alix Didier Fils-Aimé ne se contente pas d’échouer : il accompagne une dérive.

La continuité comme stratégie : la catastrophe selon Benjamin

La pensée de Walter Benjamin éclaire brutalement la situation :
la catastrophe, c’est quand tout continue comme avant.
Or que voyons-nous ?

1. les violences se répètent
2. l’État reste absent
3. les discours remplacent les décisions

Ce n’est pas une crise ponctuelle.

C’est une gestion par inertie, où la continuité devient une stratégie de pouvoir.

La rupture entre gouvernants et gouvernés

Un gouvernement tire sa légitimité de sa capacité à protéger et représenter son peuple.

Quand il échoue sur ces deux plans, il se délégitime lui-même.
Aujourd’hui, une fracture est visible : d’un côté, un peuple exposé, vulnérable, abandonné, de l’autre, un pouvoir qui communique, commémore et se protège

Cette rupture n’est pas seulement morale — elle est politique.

Elle pose la question fondamentale : au nom de qui gouverne-t-on encore ?

Toussaint Louverture : un symbole politiquement vidé

Toussaint Louverture n’est pas une figure neutre.
Il représente une rupture radicale :

1. contre l’oppression
contre l’ordre établi injuste
pour la souveraineté du peuple
2. Le convoquer sans incarner cette rupture, c’est le neutraliser.
3. C’est transformer une figure révolutionnaire en outil de communication institutionnelle.

Ce n’est plus de la mémoire : c’est de la récupération.

*Le niveau zéro de la responsabilité politique*

Ce qui est en cause ici, ce n’est pas seulement un homme, mais une pratique du pouvoir :

absence de courage politique

silence face à la violence

instrumentalisation de l’histoire

déconnexion totale avec la réalité sociale

Quand un gouvernement en arrive à commémorer ce qu’il est incapable de défendre, il atteint un point critique :
celui où la parole publique perd toute crédibilité.

Une crise de l’État, pas seulement du leadership
Il serait trop simple de réduire la situation à Alix Didier Fils-Aimé seul.
Ce qui se joue est plus profond :

une crise de l’État

une incapacité structurelle à protéger

une banalisation de l’insécurité

Dans ce contexte, le silence du pouvoir devient le symptôme d’un effondrement plus large

Conclusion

Entre continuité et rupture
Revenir à Walter Benjamin, c’est poser un diagnostic sans concession :

continuer ainsi, c’est déjà accepter la catastrophe

gouverner sans rompre avec cette logique, c’est l’aggraver

Un pays ne se sauve pas par des commémorations, mais par des décisions.

Un peuple ne se protège pas par des discours, mais par des actes.
Sans rupture claire,
sans responsabilité assumée,
sans retour au réel,
la politique cesse d’être un instrument de transformation
et devient une simple gestion du désastre.

Abdias DENIS
Spécialiste en développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire
E-mail denisabdias@gmail.com
Tels: 4210-4031/3359-7933/3800-4604

Partager maintenant