Le Groenland, vaste île arctique autonome appartenant au Royaume du Danemark, se retrouve au centre d’une crise diplomatique majeure. Donald Trump a relancé avec force ses revendications sur le territoire, affirmant que les États‑Unis doivent absolument en assurer le contrôle pour des raisons de sécurité nationale et de stratégie mondiale. Ces déclarations, assorties de menaces à peine voilées, ont provoqué une onde de choc à Washington, à Copenhague, dans l’île elle-même et chez les alliés européens.
Pour le président américain, le Groenland est bien plus qu’un simple territoire recouvert de glace. Situé à un carrefour stratégique entre l’Amérique du Nord, l’Europe et l’océan Arctique, il offre un accès privilégié aux nouvelles routes maritimes qui s’ouvrent avec la fonte des glaces et abrite la base militaire américaine de Pituffik, essentielle pour la surveillance aérienne et spatiale. Les ressources naturelles de l’île, notamment les terres rares, l’uranium et les hydrocarbures, la rendent également incontournable pour l’économie et la technologie du XXIe siècle.
Cependant, l’idée que le Groenland puisse être « acheté » ou annexé se heurte à des réalités politiques et diplomatiques solides. Le gouvernement groenlandais et la population locale ont répété que l’île n’est pas à vendre et que toute tentative de transfert de souveraineté serait inacceptable. Le Premier ministre groenlandais et la Première ministre danoise ont uni leurs voix pour affirmer que la défense et l’avenir de l’île doivent rester conformes au droit international et aux accords de l’OTAN.
Les réactions européennes ont été immédiates et fermes. Plusieurs dirigeants ont soutenu Copenhague et Nuuk, soulignant que toute tentative d’annexion ou de pression unilatérale violerait les principes fondamentaux de l’alliance transatlantique et fragiliserait sa cohésion. Au-delà du simple différend territorial, cette crise révèle l’intensification de la compétition mondiale dans l’Arctique, où la Russie et la Chine multiplient leurs activités économiques, militaires et diplomatiques.
Le Groenland devient ainsi le symbole de la tension entre les ambitions des grandes puissances et le droit des peuples à décider de leur propre destin. La volonté des Groenlandais de rester maîtres de leur avenir, sans être transformés en enjeu de rivalités étrangères, a été réaffirmée avec force. Cette situation pourrait s’imposer comme l’un des tests majeurs de l’OTAN et de la capacité du système international à résoudre des différends sans recourir à la force, alors que le monde fait face à des équilibres déjà fragiles et à des tensions multiples dans d’autres régions stratégiques.
En somme, le Groenland n’est plus une île isolée dans le Grand Nord : il est devenu un point de focalisation géopolitique mondial, un espace où se dessinent les rapports de force, la souveraineté des petits territoires et la crédibilité des alliances internationales face aux ambitions des grandes puissances.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




