La persistance de la violence armée en Haïti continue de porter une atteinte grave aux fondements mêmes du droit à l’éducation. En 2025, plus de 243 000 enfants ont été privés d’accès à l’école, conséquence directe d’un climat sécuritaire délétère, selon des données communiquées par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Cette situation préoccupante a été mise en lumière à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, observée le 24 janvier.
L’UNICEF souligne que l’insécurité chronique, conjuguée aux déplacements forcés de populations et à la répétition de catastrophes naturelles, a profondément désorganisé le système éducatif national. La fermeture prolongée de nombreux établissements, l’interruption fréquente des activités pédagogiques et l’instabilité du calendrier scolaire affectent particulièrement les enfants vivant dans des zones sous influence de groupes armés ou issus de familles déplacées, compromettant durablement leur développement intellectuel et social.
Dans ce contexte de crise, l’agence onusienne indique avoir intensifié ses interventions afin de limiter les conséquences de cette rupture éducative. Plus de 11 000 enfants déplacés ont ainsi été réintégrés dans le système scolaire, tandis que près de 4 000 autres ont bénéficié d’espaces temporaires d’apprentissage, conçus pour garantir une continuité minimale de l’enseignement en dépit de l’environnement sécuritaire précaire.
Parallèlement, des efforts ont été déployés pour renforcer les infrastructures éducatives. Au cours de l’année écoulée, 22 écoles ont été construites ou réhabilitées, et 19 établissements scolaires ont été relocalisés vers des zones considérées comme plus sûres, dans l’objectif d’offrir un cadre d’apprentissage fonctionnel et protecteur aux élèves comme au personnel enseignant.
À l’occasion de cette journée symbolique, des organisations internationales, dont Plan International et l’UNICEF, ont renouvelé leur appel aux autorités haïtiennes, aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux acteurs de la société civile. Elles exhortent à la mise en œuvre de mesures concrètes visant à assurer la protection des établissements scolaires et à garantir l’effectivité du droit à l’éducation, reconnu comme un droit fondamental.
Pour ces acteurs, investir dans l’éducation ne constitue pas uniquement une réponse humanitaire, mais un choix stratégique essentiel pour la stabilité, la cohésion sociale et l’avenir d’Haïti. Garantir à chaque enfant un accès sûr et équitable à l’apprentissage demeure une condition indispensable pour rompre le cycle de la violence et construire une société plus résiliente.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




