Haïti : le Premier ministre vend une image trompeuse de la sécurité et des élections à l’étranger

Haïti : le Premier ministre vend une image trompeuse de la sécurité et des élections à l’étranger

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Alors que le Premier ministre haïtien, Son Excellence Alix Didier Fils-Aimé, présentait à la diaspora haïtienne au Chili un tableau « rassurant » sur la sécurité et la préparation des élections, la réalité sur le terrain semble tout autre.

Dans son allocution, le Chef du Gouvernement a affirmé que le Gouvernement se concentrait sur trois priorités majeures : la sécurité, la relance économique et la tenue d’élections crédibles et inclusives. Il a insisté sur la mobilisation de la diaspora pour soutenir le redressement national et le retour paisible au pays. Mais ces déclarations contrastent fortement avec la situation réelle en Haïti.

Sur le terrain, l’insécurité reste endémique. Aucun axe majeur du pays n’est sécurisé, et plusieurs quartiers de Port-au-Prince et de provinces restent entièrement sous contrôle de gangs armés. Les populations continuent de vivre sous la menace quotidienne de kidnappings, d’extorsions et d’affrontements meurtriers. La sécurité annoncée par le Premier ministre n’existe pour l’instant que dans les discours diplomatiques.

Quant aux élections, la prétendue préparation du Conseil Électoral Provisoire (CEP) semble elle aussi prématurée. Les partis politiques peuvent entamer leur inscription, mais aucun calendrier fiable n’a été communiqué, et les conditions minimales de sécurité et d’accès pour les électeurs ne sont toujours pas réunies. Parler d’ élections crédibles et inclusives  dans ce contexte relève plus de la communication que de la réalité.

De plus, les promesses faites à la diaspora, notamment sur la facilitation de documents officiels et de casiers judiciaires, se heurtent à une administration inefficace et à une logistique qui peine à répondre aux besoins des Haïtiens à l’étranger. L’affirmation d’un  climat de stabilité pour encourager le retour de la diaspora apparaît donc comme largement surévaluée.

En résumé, si la visite du Premier ministre au Chili a été chaleureusement accueillie par la communauté haïtienne, les déclarations du Gouvernement semblent déconnectées des faits. Les discours diplomatiques ne peuvent masquer l’ampleur des crises qui frappent le pays. La diaspora mérite des informations honnêtes et transparentes, non des assurances qui ne reflètent pas la réalité haïtienne.

Haïti est toujours en crise, et l’on attend davantage que des promesses pour que sécurité, élections et stabilité deviennent enfin des réalités.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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