Par Jean Yourry ATOUT
Un an après les attaques armées du 31 mars 2025 contre les communes de Mirebalais et de Saut-d’Eau, la situation sécuritaire et humanitaire demeure alarmante. Douze mois plus tard, ces zones restent sous l’influence de groupes armés, tandis que des milliers d’habitants vivent toujours loin de chez eux, sans perspective claire de retour.
Contraintes de fuir les violences, de nombreuses familles continuent de survivre dans des camps de fortune ou chez des proches. Ces conditions de déplacement prolongé s’accompagnent d’un accès limité aux services essentiels, notamment l’eau potable, les soins de santé et l’éducation.
Les chiffres disponibles témoignent de l’ampleur de la crise. Plus de 1,45 million de personnes sont actuellement déplacées à l’échelle nationale, un niveau proche de celui observé après le séisme de 2010. Si la région métropolitaine de Port-au-Prince reste un foyer majeur d’insécurité, les déplacements s’étendent de plus en plus vers les départements du Centre et de l’Artibonite.
Entre janvier et septembre 2025, 69 % des mouvements de population ont été enregistrés en province, avec une augmentation notable dans le Centre. À l’échelle nationale, plus de 197 000 personnes vivent dans des sites de déplacement souvent surpeuplés, tandis qu’une majorité dépend de l’accueil de familles déjà vulnérables.
Environ 46 % des ménages d’accueil hébergent en moyenne trois personnes déplacées, ce qui accentue la promiscuité et la précarité. Par ailleurs, un enfant déplacé sur quatre n’est pas accompagné de ses parents, une situation qui soulève de sérieuses préoccupations en matière de protection.
Les capacités d’accueil atteignent leurs limites. Plus de 60 % des familles hôtes déclarent faire face à des difficultés économiques liées à cette charge, et un quart d’entre elles affirment ne plus être en mesure de continuer. En parallèle, près de 15 % des déplacés vivent dans des sites dépourvus de sécurité, d’éclairage et de services de base.
Malgré cette situation, aucune avancée significative n’est observable en matière de reprise de contrôle des zones concernées ni de retour sécurisé des populations. Un an après les faits, les habitants de Mirebalais et de Saut-d’Eau restent dans l’attente de mesures concrètes leur permettant de regagner leurs domiciles en toute sécurité.
Dans le même temps, l’insécurité continue de s’étendre dans plusieurs régions du pays, avec des violences récurrentes signalées et des pertes en vies humaines.
Cette situation met en évidence les difficultés persistantes de l’État à répondre efficacement à la crise, alors que les besoins humanitaires et sécuritaires ne cessent de croître.




