Depuis l’assassinat du président de la République, Jovenel Moïse, la situation de l’électricité s’est considérablement détériorée dans plusieurs régions de province. Dans de nombreuses communes de l’intérieur du pays, l’électricité a totalement disparu. Contrairement à la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où le courant reste intermittent mais existant, certaines localités provinciales n’ont plus accès à l’énergie électrique depuis des années.
Face à cette réalité, la population s’interroge et dénonce un traitement inéquitable. Dans plusieurs zones rurales et semi-urbaines, les habitants affirment ne disposer d’aucun « rapport de force » pour contraindre l’Électricité d’Haïti (EDH) à assurer la distribution du courant. « Ici, il n’y a ni gangs ni violences pour faire pression », confient des citoyens, amers. Cette situation alimente le sentiment que l’accès à l’électricité dépend moins d’une planification étatique que de la capacité à créer des tensions.
Une telle logique pose un grave problème institutionnel et éthique. L’EDH, en tant qu’organisme public, ne saurait conditionner la fourniture d’un service essentiel à des pressions ou à des menaces. L’électricité n’est pas un privilège, mais un droit fondamental lié au développement et à la dignité humaine. Sans courant, les activités économiques ralentissent, les hôpitaux fonctionnent difficilement, les écoles sont pénalisées et la vie quotidienne devient plus précaire.
Aujourd’hui, les provinces élèvent la voix, non par la violence, mais par une interpellation citoyenne. Elles demandent à l’EDH d’intégrer pleinement les territoires de l’intérieur du pays dans sa politique de distribution, avec équité et transparence. Les populations ne réclament pas l’impossible, mais un service public de base, indispensable à toute perspective de développement.
Le rétablissement de la confiance entre l’État et les citoyens passe nécessairement par une meilleure répartition des services publics. Les zones paisibles ne doivent pas être pénalisées pour leur calme. L’électricité doit être un droit garanti à tous les Haïtiens, sans distinction géographique ni pression illégitime.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




