À l’issue de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), la parole se libère au sein de la classe politique et de la société civile. Parmi les voix qui se font entendre, celle de l’ancien député de Kenscoff, Alfredo Antoine, se distingue par sa fermeté et son sens de la responsabilité historique. Dans une déclaration empreinte de lucidité, l’ancien parlementaire appelle le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à ne pas confondre la transition en cours avec une victoire personnelle.
Pour Alfredo Antoine, la transition ne saurait être interprétée comme un aboutissement politique individuel, mais comme une mission nationale délicate, dont l’objectif fondamental reste le rétablissement de l’ordre républicain. Il rappelle que la responsabilité du chef du gouvernement est avant tout de conduire ce processus à son terme dans l’intérêt supérieur de la nation, en rétablissant la sécurité, la confiance des citoyens et en organisant des élections crédibles conformément au calendrier établi par le Conseil électoral provisoire (CEP).
L’ancien député insiste également sur la nécessité pour le Premier ministre de tirer les leçons des échecs passés. Selon lui, ignorer les erreurs des précédentes transitions reviendrait à les reproduire. Il souligne que les décisions gouvernementales doivent refléter la volonté de l’ensemble de la population et non satisfaire un cercle restreint d’acteurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers. Cette mise en garde vise à rappeler que la légitimité du pouvoir repose sur l’adhésion populaire et non sur des arrangements politiques circonstanciels.
Dans sa réflexion, Alfredo Antoine appelle aussi à la vigilance face à toute tentative de concentration excessive du pouvoir. Il exhorte le Premier ministre à s’ouvrir aux forces vives de la nation, à favoriser l’inclusion et à se détourner des discours démagogiques susceptibles de nourrir des divisions ou de fausses victoires politiques. Pour lui, la gouvernance responsable exige modération, dialogue et sens de l’État.
L’ancien élu rappelle par ailleurs le caractère éphémère du pouvoir. Il souligne qu’en l’absence d’élections crédibles, toute sortie du pouvoir se fera inévitablement dans la disgrâce. L’exercice de l’autorité, selon lui, requiert sagesse, clairvoyance et humilité, car tout abus finit toujours par conduire au chaos et à la perte du pouvoir.
Enfin, Alfredo Antoine replace le débat dans une perspective historique. Il rappelle que toute fonction étatique n’est qu’un passage et doit être exercée avec amour, responsabilité et dévouement au bien commun. L’histoire, affirme-t-il, jugera sans complaisance le bilan de celles et ceux qui auront assumé des charges publiques durant cette période cruciale. Le véritable leadership, conclut-il, ne se mesure ni aux applaudissements partisans ni aux soutiens intéressés, mais à l’impact réel des décisions sur la vie du peuple et au service rendu à la nation.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




