Trop, c’est trop : la transition doit finir, place aux élections

Trop, c’est trop : la transition doit finir, place aux élections

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Assez. Assez de cette transition de la honte qui n’en finit pas, assez de ce provisoire devenu système, assez de cette confiscation silencieuse de la souveraineté populaire. Ce pays ne peut pas continuer à vivre suspendu dans un vide politique où personne n’a de mandat clair, mais où certains s’accrochent pourtant au pouvoir comme si de rien n’était.

Une transition n’est pas un régime. Ce n’est pas une destination. C’est un passage. Et aujourd’hui, ce passage est bloqué par ceux-là mêmes qui prétendent le gérer. À force de repousser les élections, on ne protège pas le pays — on l’enlise. On ne gagne pas du temps — on en fait perdre à toute une nation.

Il faut appeler les choses par leur nom : sans élections, il n’y a pas de légitimité. Et sans légitimité, il n’y a ni autorité réelle, ni capacité à gouverner, ni avenir crédible. Tout le reste n’est que bricolage politique, décisions fragiles et promesses sans portée. Un pouvoir sans mandat populaire est un pouvoir faible, contesté, et condamné à l’impuissance.

On nous parle d’insécurité, de conditions imparfaites, de risques. Mais depuis quand attend-on des conditions idéales pour faire vivre la démocratie ? L’histoire montre exactement le contraire : c’est dans les moments de crise que les peuples doivent trancher, choisir, décider. Reporter sans cesse les élections, c’est institutionnaliser la peur et normaliser l’exception.

La vérité, brutale mais nécessaire, c’est que cette transition arrange certains intérêts. Elle permet d’éviter le verdict des urnes, de gouverner sans rendre de comptes, de prolonger une situation floue où les responsabilités se diluent. Mais ce confort politique a un prix : celui du chaos, de la méfiance généralisée et de l’effondrement progressif de l’État.

Plus grave encore, cette transition ressemble de plus en plus à une liquidation nationale. Les massacres à répétition, la banalisation de la mort, l’incapacité à protéger les citoyens donnent le sentiment d’un pays abandonné à lui-même. À ce rythme, la nation risque de se transformer en une immense fosse commune, où l’indifférence le dispute à l’impuissance.

Il faut briser ce cercle vicieux. Il faut imposer un cap. Il faut aller vers les élections — non pas demain, non pas “quand ce sera possible”, mais maintenant, avec détermination, avec courage, avec un minimum d’organisation et un maximum de volonté politique.

Car il faut aussi avoir le courage de nommer les responsabilités. Aller aux urnes est une nécessité pour se dégager d’un pouvoir qui ne repose plus sur la volonté populaire, incarné aujourd’hui par Alix Didier Fils-Aimé. Tant que le peuple ne tranche pas, l’impasse persistera.

Oui, les élections comportent des risques. Mais l’absence d’élections est une certitude : celle de l’échec. Continuer ainsi, c’est accepter l’enlisement, la paralysie, la dégradation continue. Organiser des élections, c’est au moins rouvrir le champ des possibles.

Le peuple doit reprendre sa place. Pas dans les discours, pas dans les promesses, mais dans les urnes. C’est là que se joue la légitimité. C’est là que commence la sortie de crise.

Il n’y aura pas de miracle. Il n’y aura pas de solution magique venue d’en haut. Il n’y a qu’un chemin : celui du vote. Tout le reste n’est que diversion.

Alors oui, il faut le dire sans détour, sans prudence excessive, sans calcul politique : il faut aller aux élections pour en finir, une bonne fois pour toutes, avec cette transition interminable.

Abdias DENIS
Spécialiste en Développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire

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