L’opération militaire américaine menée récemment au Venezuela, qui a abouti à l’arrestation du président Nicolás Maduro, continue de produire des secousses bien au-delà de Caracas. À Washington, c’est désormais au sein même des institutions que le débat s’intensifie. Ce Jeudi 8 janvier 2026, le Sénat des États-Unis a adopté une résolution visant à encadrer strictement toute nouvelle action militaire contre le Venezuela, rappelant que le pouvoir de faire la guerre ne peut être exercé sans l’aval du Congrès.
Approuvée par 52 voix contre 47, avec le soutien de plusieurs sénateurs républicains, la mesure s’inscrit dans le cadre de la War Powers Resolution, un dispositif conçu pour limiter les initiatives militaires unilatérales du président. Pour ses promoteurs, l’intervention menée sans consultation préalable du Congrès pose un problème démocratique majeur et risque d’entraîner les États-Unis dans un engagement prolongé aux conséquences imprévisibles.
La réaction de Donald Trump a été immédiate et virulente. Le président américain a dénoncé une tentative de réduire l’autorité présidentielle en matière de défense nationale, accusant certains élus de fragiliser la sécurité du pays. En s’en prenant publiquement aux sénateurs de son propre camp ayant voté avec les démocrates, Trump a mis en lumière les divisions internes provoquées par sa politique étrangère.
Au-delà de l’affrontement politique, le Venezuela devient le théâtre d’un débat plus large sur la place des États-Unis dans le monde. Les déclarations de Donald Trump laissant entendre que Washington entend jouer un rôle de premier plan dans l’avenir du pays, notamment autour de la gestion de ses ressources pétrolières, ont renforcé les critiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis. Plusieurs élus et observateurs redoutent une intervention durable déguisée en opération de stabilisation.
Même si cette résolution pourrait rester symbolique, notamment en cas de veto présidentiel, elle marque un tournant politique. En rappelant ses prérogatives constitutionnelles, le Sénat tente de réaffirmer le principe de contrôle démocratique face à un exécutif de plus en plus interventionniste. Le dossier vénézuélien apparaît ainsi moins comme un simple enjeu de politique étrangère que comme un test crucial pour l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




