Autosatisfaction indécente : quand la communication remplace les résultats

Autosatisfaction indécente : quand la communication remplace les résultats

4e220a1f-2179-4b4c-ab8b-6d3a1e5550ec

À l’issue de la 50e réunion ordinaire de la CARICOM, Alix Didier Fils-Aimé s’est empressé de dresser un bilan flatteur de sa participation. Ton conquérant, formules diplomatiques soigneusement choisies, mise en scène d’une Haïti “de retour au centre du jeu régional”. Sur le papier, tout semble positif. Sur le terrain, rien ne change.

Un triomphalisme déplacé

Dans un pays à genoux, où l’insécurité dicte la loi et où les institutions peinent à fonctionner, se féliciter d’une simple présence à un sommet régional frôle l’indécence politique. Participer à une réunion n’est pas un exploit. C’est une obligation minimale pour tout responsable public.
Où sont les engagements fermes ?
Où sont les calendriers d’action ?
Où sont les mécanismes de suivi transparents ?
À défaut de résultats concrets, l’enthousiasme affiché ressemble davantage à une opération de communication qu’à une victoire diplomatique.

Beaucoup de mots, peu d’impact

Le communiqué met en avant la “solidarité régionale” et la “coopération renforcée”. Mais la solidarité ne se mesure pas en déclarations d’intention. Elle se mesure en actions tangibles : appui sécuritaire structuré, soutien budgétaire clair, accompagnement institutionnel précis.

En l’absence d’annonces détaillées et vérifiables, le bilan positif proclamé relève plus du narratif politique que de l’efficacité réelle. La diplomatie ne peut pas être réduite à une galerie de photos officielles et à des phrases convenues.

Une stratégie d’image qui ignore l’urgence

Le problème n’est pas la participation à la 50e réunion de la CARICOM en soi. Le problème, c’est l’écart criant entre le discours et la réalité nationale. Pendant que les autorités se congratulent sur la scène régionale, la population attend des solutions immédiates et visibles.

Chaque communication triomphale non suivie d’effets renforce la défiance. Chaque autosatisfaction prématurée creuse un peu plus le fossé entre dirigeants et citoyens.

Le vrai bilan reste à faire

Un bilan positif ne se décrète pas. Il se prouve.
S’il n’y a ni accords contraignants, ni engagements chiffrés, ni échéances précises, alors il ne s’agit pas d’un succès — mais d’un exercice rhétorique.

Dans la conjoncture actuelle, le pays n’a pas besoin de récits optimistes. Il a besoin de résultats mesurables. Tant que ceux-ci ne seront pas visibles, toute proclamation de réussite restera perçue comme un écran de fumée.

*Abdias DENIS*
Spécialiste en développement
Philosophe – Politique
Journaliste – Professeur
Essayiste – Pamphletaire

24 heures

Partager maintenant