Artibonite massacrée : l’État complice de la terreur des gangs

Artibonite massacrée : l’État complice de la terreur des gangs

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Le département de l’Artibonite est plongé dans un chaos sécuritaire sans précédent. Tandis que le gouvernement continue de clamer, à grand renfort de communiqués et de discours officiels, qu’il maîtrise la situation, la réalité est alarmante : Pont-Benoît, Bwajou, Carrefour Roger et Dessalines sont livrés à l’emprise totale des gangs armés. Ces derniers multiplient les attaques, les exécutions et les intimidations, instaurant un climat de terreur qui paralyse la population.

À Jean-Denis, le bilan est tragiquement clair : plus de 70 personnes ont été assassinées dans un silence assourdissant du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN). Les habitants vivent dans la peur constante, barricadés chez eux ou errant dans des rues désertes, témoins impuissants d’une criminalité qui prospère dans l’inaction gouvernementale. Chaque jour, ce silence officiel contribue à renforcer l’impunité des gangs, qui n’hésitent plus à défier ouvertement les institutions.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos de propagande diffusées par les criminels eux-mêmes montrent leur emprise sur Dessalines et les environs. Ces images, revendiquant la victoire des bandits, sont autant de preuves de l’incapacité de l’État à faire respecter la loi. Loin de s’inquiéter de cette démonstration de force, le gouvernement reste immobile, laissant les citoyens face à un choix cruel : subir ou fuir.

La situation en Artibonite ne se limite pas à une crise ponctuelle de sécurité : elle révèle une faillite structurelle des institutions. L’État, censé protéger et assurer la sécurité de ses citoyens, se montre incapable de remplir sa mission la plus élémentaire. Chaque minute d’inaction se traduit par des vies perdues, des familles détruites et une population traumatisée. Le silence et le manque de réaction des autorités ne sont plus seulement préoccupants : ils deviennent complices d’une violence systémique.

Face à l’ampleur du drame, il est impératif que le gouvernement haïtien passe du discours à l’action. Des mesures urgentes et coordonnées doivent être prises pour restaurer l’autorité légitime sur le territoire, protéger la population et mettre fin à l’impunité des criminels. Tant que l’État continuera de se voiler la face, l’Artibonite restera un territoire où la loi du plus fort l’emporte et où les citoyens paient de leur vie le prix de l’inaction politique.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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