Voyages du Premier ministre : pendant que l’État s’éloigne, Haïti s’enfonce dans une crise générale sans réponse réelle

Voyages du Premier ministre : pendant que l’État s’éloigne, Haïti s’enfonce dans une crise générale sans réponse réelle

IMG_2330

Dans un contexte où l’insécurité continue de s’aggraver à travers le pays, où la population vit au quotidien dans la peur, la précarité et l’incertitude, de nombreuses interrogations émergent au sein de l’opinion publique concernant les choix et déplacements des autorités de l’exécutif.

Alors qu’une grande partie de la population lutte pour sa survie, entre violence des gangs, déplacements forcés et effondrement progressif des conditions de vie, le Premier ministre poursuit des déplacements à l’international, présentés comme des démarches de renforcement de partenariats avec des institutions financières internationales. Sa rencontre à Washington avec le Groupe de la Banque mondiale s’inscrit dans cette dynamique diplomatique.

Cependant, sur le terrain national, la réalité demeure alarmante. L’insécurité gagne du terrain, les zones de non-droit se multiplient, les institutions sécuritaires peinent à répondre efficacement, et les citoyens vivent dans une angoisse permanente. Dans ce contexte, une partie importante de la population s’interroge sur la pertinence de certaines priorités gouvernementales.

Une perception de plus en plus répandue se dessine : celle d’un pouvoir exécutif davantage tourné vers les engagements internationaux que vers une présence constante et opérationnelle sur le territoire national. La question n’est pas seulement diplomatique, elle devient structurelle et politique.

Dans une situation où la crise exige une réponse immédiate, une coordination sur le terrain et une présence forte de l’État, ces déplacements successifs soulèvent des débats. Beaucoup se demandent si une présence prolongée sur le territoire national ne serait pas plus efficace pour adresser directement les urgences sécuritaires et sociales.

Au cœur de cette réflexion, une exigence revient avec insistance : celle des résultats concrets. Pour les citoyens, les voyages et les rencontres internationales n’ont de sens que s’ils se traduisent par des améliorations visibles de leur quotidien : sécurité renforcée, stabilité retrouvée, et perspectives économiques réelles.

En l’absence de ces résultats tangibles, chaque déplacement à l’étranger continue d’alimenter un débat public déjà sensible : celui de la priorité réelle accordée aux urgences nationales dans un pays en crise profonde.

 

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

Partager maintenant