Le drame survenu à la Citadelle Henry, ayant coûté la vie à plus de 25 personnes, continue de secouer l’opinion publique. Sept arrestations ont déjà été annoncées, impliquant des agents municipaux de Milot et des employés de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national. Mais cette première vague d’interpellations soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Car au-delà des exécutants présumés, une interrogation persiste, lourde et dérangeante : comment une telle tragédie a-t-elle pu se produire sur un site historique aussi symbolique, sans faille de gouvernance plus profonde ?
Depuis des années, l’Institut de sauvegarde du patrimoine national est censé garantir la protection, la gestion et la sécurisation de la Citadelle. Pourtant, entre soupçons récurrents de négligence administrative, absence de contrôle rigoureux et zones d’ombre persistantes, le scandale actuel met en lumière une chaîne de responsabilité qui ne peut s’arrêter aux seuls agents de terrain.
La Police nationale d’Haïti poursuit son enquête. Mais dans l’opinion, une autre enquête se dessine déjà : celle de la responsabilité institutionnelle et hiérarchique. Qui supervise réellement ? Qui valide les dispositifs de sécurité ? Qui répond des défaillances accumulées ?
Limiter ce drame à quelques arrestations serait une lecture confortable, mais dangereusement incomplète. Car derrière les uniformes subalternes, c’est toute une architecture de gestion du patrimoine public qui est aujourd’hui mise en accusation morale.
Et si la justice doit suivre son cours, elle devra aussi avoir le courage de regarder vers le haut.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




