Port-au-Prince : l’assistance humanitaire des ONG soulage, mais ne règle pas l’urgence structurelle

Port-au-Prince : l’assistance humanitaire des ONG soulage, mais ne règle pas l’urgence structurelle

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À chaque nouvelle flambée de violence à Port-au-Prince, le même scénario se répète : des familles fuient précipitamment leurs quartiers, abandonnant maisons, biens et repères, pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres. Cette fois encore, des dizaines de ménages déplacés de Cité Soleil ont trouvé refuge à Tabarre, où une opération humanitaire a été menée par l’Organisation internationale pour les migrations et Médecins Sans Frontières.

Selon les informations disponibles, environ 50 ménages ont reçu des kits d’hygiène et des articles de première nécessité. Une aide d’urgence indispensable pour des familles qui, dans la précipitation des affrontements armés, ont dû tout abandonner. Dans ces conditions, l’assistance humanitaire reste souvent la seule réponse immédiate face à la détresse.

Mais derrière ces distributions se cache une réalité beaucoup plus lourde. Les organisations humanitaires rappellent que les déplacements forcés liés à l’insécurité sont devenus récurrents dans la capitale haïtienne. Les familles déplacées survivent souvent dans des abris de fortune, exposées à l’insalubrité, à l’insécurité alimentaire et à l’incertitude totale sur leur avenir.

Les données relayées par les partenaires humanitaires, dont le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (UN OCHA), indiquent que plus de 1,45 million de personnes seraient actuellement déplacées en Haïti. Un chiffre alarmant qui illustre l’ampleur d’une crise qui dépasse largement la seule réponse humanitaire.

À Cité Soleil, comme dans d’autres zones sensibles de la région métropolitaine de Port-au-Prince, les habitants vivent au rythme des affrontements armés, des déplacements forcés et des retours impossibles. Chaque intervention des ONG apporte un soulagement temporaire, mais ne fait que révéler la persistance d’un problème structurel : l’insécurité généralisée.

Du côté des bénéficiaires, la reconnaissance se mêle à l’inquiétude. Beaucoup se disent soulagés d’avoir reçu une aide, mais restent sans réponse sur leur avenir. Où retourner ? Quand rentrer chez eux ? Et surtout, dans quelles conditions ?

Car au-delà des kits distribués et des chiffres annoncés, une question demeure : comment passer de l’assistance d’urgence à une véritable solution durable pour les milliers de familles déplacées en Haïti ?

 

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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