Une nouvelle vague de remaniements annoncée au sein de l’administration publique haïtienne relance, une fois de plus, les interrogations sur la stabilité de la gouvernance et l’efficacité réelle de la transition, dans un pays toujours plongé dans une crise sécuritaire, économique et institutionnelle persistante.
À la Direction générale des Douanes, Gerald Ramplais a été remplacé par Walter Gabellus. Un changement présenté comme administratif, mais qui s’ajoute à une longue série de rotations à la tête d’une institution stratégique, souvent critiquée pour ses faiblesses structurelles et son rôle central dans la mobilisation des recettes de l’État.
Dans le même temps, des mouvements sont annoncés au sein de l’ULCC. Le directeur général Hans L. Joseph serait sur le point d’être remplacé, tandis que Goethie Varnelle Morency est citée pour prendre la tête de l’institution.
Ces décisions, loin d’apaiser le débat public, nourrissent de nouvelles critiques sur la manière dont les postes clés de l’État seraient redistribués au gré des équilibres politiques. Plusieurs observateurs dénoncent une logique de gestion où les institutions de contrôle et de régulation deviennent des espaces de repositionnement politique plutôt que de véritable réforme.
Parallèlement, le gouvernement dirigé par le Premier ministre de transition Alix Didier Fils-Aimé aurait procédé à une révision du décret électoral du 2 juin, avec des ajustements touchant les prérogatives du Conseil électoral provisoire et son fonctionnement interne, alimentant davantage les débats sur la transparence du processus électoral.
Sur le plan diplomatique, Guy Lamothe et Antonio Rodrigue ont été désignés pour représenter Haïti à l’étranger, dans un contexte où les nominations diplomatiques sont souvent perçues par une partie de l’opinion comme des récompenses politiques plutôt que comme le résultat d’une sélection fondée sur le mérite.
Au-delà des annonces officielles, ces remaniements successifs renforcent l’impression d’un État en perpétuelle redistribution de postes, où les changements au sommet ne se traduisent pas toujours par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des citoyens. Dans une Haïti confrontée à l’insécurité chronique et à la précarité sociale, la question demeure : réforme réelle ou simple partage de cadeaux politiques ?
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




