La disponibilité du carburant devient de plus en plus préoccupante dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince. Depuis plusieurs jours, de nombreuses stations-service peinent à s’approvisionner, tandis que d’autres sont complètement à sec. Cette situation alimente les inquiétudes des chauffeurs de transport en commun, des commerçants et des consommateurs, qui redoutent de nouvelles répercussions sur le coût de la vie.
Sur plusieurs axes routiers de la capitale, les automobilistes passent parfois de longues heures à la recherche d’une station disposant encore de carburant. Les rares points de vente encore approvisionnés sont rapidement pris d’assaut, entraînant de longues files d’attente et une forte pression sur les stocks disponibles.
Des chauffeurs assurant les liaisons entre Delmas, Pétion-Ville et la Route de Frères rapportent que les difficultés d’approvisionnement se sont accentuées au cours des deux dernières semaines. Selon eux, cette rareté risque d’entraîner une augmentation inévitable des frais de transport si aucune solution rapide n’est trouvée.
En parallèle, le marché informel profite de cette situation. Plusieurs conducteurs affirment que le gallon de carburant est déjà revendu à environ 1 000 gourdes, avec la crainte que ce prix puisse grimper jusqu’à 1 250 gourdes si la pénurie se prolonge. Une telle hausse exercerait une pression supplémentaire sur les familles déjà confrontées à une inflation persistante et à une baisse du pouvoir d’achat.
Les conséquences dépassent largement le secteur du transport. Des commerçants, notamment des vendeurs de glaçons, signalent également des difficultés à s’approvisionner auprès des chambres froides, dont les coûts d’exploitation augmentent en raison du manque de carburant. Cette situation risque d’avoir un effet en cascade sur plusieurs activités économiques dépendantes de l’énergie et de la chaîne de distribution.
Plusieurs observateurs établissent un lien entre cette pénurie et les récentes violences armées enregistrées dans la zone de Cité Soleil, un secteur stratégique pour les opérations de stockage et de distribution des produits pétroliers. Les perturbations provoquées par l’insécurité compliqueraient l’acheminement du carburant vers plusieurs stations-service de la région métropolitaine.
À ce jour, aucune communication officielle n’a été publiée par les autorités compétentes pour expliquer les causes exactes de cette situation ni pour annoncer des mesures destinées à normaliser l’approvisionnement.
Si cette crise devait se prolonger, ses conséquences pourraient rapidement s’étendre à d’autres secteurs essentiels de l’économie. Une hausse des tarifs du transport en commun, une augmentation des coûts des marchandises et un ralentissement de certaines activités commerciales figurent parmi les principaux risques évoqués par les acteurs concernés, alors que la population continue de subir les effets conjugués de l’insécurité, de l’inflation et de la fragilité économique du pays.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




