L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, a adopté un ton particulièrement ferme lors d’une récente interview accordée à Haïti Post, où il a abordé sans détour les défis politiques et institutionnels auxquels le pays fait face.
Le diplomate canadien a exprimé de vives préoccupations concernant le fonctionnement de certaines institutions de l’État, évoquant des pratiques de mauvaise gouvernance qui, selon lui, contribuent à fragiliser davantage le système national. Il a notamment mis en avant les risques liés à l’affaiblissement de l’autorité judiciaire et à la perte de confiance dans les mécanismes de reddition de comptes.
Selon ses propos, la crise actuelle ne peut être comprise uniquement sous l’angle sécuritaire ou économique, mais également à travers les dysfonctionnements structurels qui minent l’appareil étatique. Il estime que ces faiblesses institutionnelles freinent toute tentative de redressement durable du pays.
Sans accuser directement des individus, l’ambassadeur a néanmoins insisté sur la nécessité de renforcer l’indépendance de la justice et de garantir que les institutions publiques ne soient pas influencées par des intérêts politiques ou personnels.
Dans son intervention, André François Giroux a également rappelé que la responsabilité du changement incombe avant tout aux acteurs nationaux. Il a souligné que les solutions durables ne peuvent être imposées de l’extérieur, mais doivent émerger d’un engagement collectif des Haïtiens eux-mêmes.
Il a enfin insisté sur l’importance d’un processus politique crédible et inclusif, estimant que la tenue d’élections transparentes reste un passage clé pour rétablir la stabilité institutionnelle et relancer la confiance entre l’État et la population.
L’ambassadeur conclut sur une note d’espoir prudent, affirmant que malgré les défis actuels, Haïti dispose encore des ressources humaines nécessaires pour reconstruire ses institutions, à condition qu’une volonté politique réelle accompagne les réformes.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




