Le pouvoir de transition avait une mission claire : rétablir un minimum de sécurité, créer les conditions d’élections crédibles et redonner confiance à une population épuisée. Aujourd’hui, le constat est difficile à contester : les résultats attendus ne sont pas au rendez-vous.
Pendant que l’insécurité continue de gagner du terrain, que des milliers de familles vivent dans la peur et que des territoires entiers échappent au contrôle de l’État, le pays demeure sans calendrier électoral clair, sans consensus politique solide et sans véritable perspective de sortie de crise. Chaque semaine qui passe renforce le sentiment que la transition s’éloigne de ses objectifs.
Le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé est vivement critiqué pour sa manière de conduire le processus politique. La publication du décret électoral, contestée par plusieurs acteurs, a ravivé les tensions au lieu de favoriser un climat d’apaisement. Une transition ne peut réussir que dans le dialogue, la transparence et le respect des institutions. Lorsqu’un pouvoir donne l’impression de privilégier les décisions unilatérales, il fragilise davantage une confiance déjà profondément ébranlée.
Sur le plan diplomatique, les relations avec certains partenaires régionaux ont également suscité des interrogations. Dans une période où Haïti a plus que jamais besoin d’une coopération internationale efficace, les maladresses politiques et les tensions avec des acteurs importants de la région risquent d’isoler davantage le pays.
Les Haïtiens ne réclament ni discours, ni promesses supplémentaires. Ils demandent des actes. Ils veulent pouvoir circuler sans craindre pour leur vie, envoyer leurs enfants à l’école, reprendre leurs activités économiques et choisir librement leurs dirigeants dans des élections crédibles.
L’heure n’est plus aux justifications. Elle est à la responsabilité, aux résultats et à la reddition de comptes. Chaque jour perdu coûte davantage au pays. L’histoire jugera les dirigeants non pas sur leurs déclarations, mais sur leur capacité à répondre aux attentes d’une nation qui refuse de sombrer.
— La Rédaction de Radio Télé Uni




