À l’approche de la Coupe du monde 2026, un son bien particulier envahit déjà les rues d’Haïti: celui des vuvuzelas. Dans les quartiers de Port-au-Prince, ces célèbres trompettes en plastique annoncent que la fièvre du football s’est emparée du pays. Pour de nombreux Haïtiens, il n’y a tout simplement pas de Mondial sans vuvuzelas. Elles font partie du décor, de l’ambiance et de la célébration. Chaque famille ou presque semble en posséder une, prête à soutenir les Grenadiers dans cette aventure historique.
L’engouement est compréhensible. La qualification d’Haïti à la Coupe du monde représente un moment rare de fierté nationale dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de population et les difficultés économiques. Pendant quelques semaines, le football offre une parenthèse d’espoir et de rassemblement. Le son des vuvuzelas devient alors le symbole d’un peuple qui veut célébrer, oublier ses peines et vibrer à l’unisson derrière son équipe.
Cependant, cette joie collective ne doit pas faire oublier certaines réalités. Si les vuvuzelas procurent du plaisir à beaucoup, elles peuvent aussi représenter une source d’inconfort, voire de danger, pour certaines personnes. Les personnes âgées, les malades du cœur, celles souffrant d’hypertension, de troubles anxieux ou encore les nourrissons peuvent être affectés par les bruits excessifs et répétés. Pour ces citoyens, l’euphorie des uns peut parfois devenir une véritable épreuve.
C’est pourquoi la passion du football doit s’accompagner d’un sens des responsabilités. Soutenir les Grenadiers ne signifie pas faire du bruit à toute heure du jour ou de la nuit, ni perturber le repos des malades ou des voisins. L’utilisation des vuvuzelas devrait se faire avec modération, notamment dans les zones résidentielles, à proximité des hôpitaux ou des personnes vulnérables.
La Coupe du monde est une fête. Une fête qui doit rester un moment de bonheur partagé et non une source de souffrance pour certains membres de la communauté. Nous pouvons célébrer les exploits de notre sélection, chanter, danser et faire retentir nos vuvuzelas, mais sans oublier ceux qui luttent contre la maladie ou qui ont besoin de calme.
Car au final, soutenir Haïti, c’est aussi faire preuve de solidarité. Prenons du plaisir, oui. Faisons du bruit pour les Grenadiers, oui. Mais veillons à ce que notre joie ne devienne pas les larmes de ceux qui souffrent déjà. Une Coupe du monde réussie est celle où tout un peuple célèbre ensemble, dans le respect de chacun.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




