Carburants : jusqu’où ira le peuple face à l’asphyxie des prix?

Carburants : jusqu’où ira le peuple face à l’asphyxie des prix?

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La question mérite d’être posée sans détour : si la décision de hisser une nouvelle fois les prix des carburants est appliquée, le peuple haïtien pourra-t-il encore tenir debout, ou finira-t-il par trépasser sous le poids d’une misère savamment entretenue ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, implacables, presque violents. En 2020, le gallon de gazoline se vendait à 201 gourdes. Aujourd’hui, il atteint la barre vertigineuse de 725 gourdes. Une augmentation de 524 gourdes. Plus du triple. Le diesel, lui, est passé de 174 gourdes à 850 gourdes, soit une hausse de 676 gourdes. Quant au kérosène, il grimpe de 173 gourdes à 845 gourdes, enregistrant une augmentation de 672 gourdes.

Ces hausses ne sont pas de simples ajustements économiques. Elles représentent une véritable strangulation sociale.

Sous l’administration de Alix Didier Fils-Aimé, ces chiffres traduisent une réalité brutale : le coût de la vie explose pendant que les revenus stagnent ou disparaissent. Le transport devient un luxe, l’électricité un privilège, et se nourrir un combat quotidien.

Chaque gourde ajoutée au prix du carburant se répercute en cascade : augmentation des tarifs de transport, inflation des produits de première nécessité, paralysie des petites activités économiques. Ce sont les plus vulnérables qui paient le prix fort, encore et toujours.

La question n’est plus seulement économique, elle est profondément humaine et politique. Jusqu’à quel point un peuple peut-il absorber de telles hausses sans sombrer ? Combien de sacrifices supplémentaires exigera-t-on de citoyens déjà à bout de souffle ?

Car derrière ces décisions, il y a des vies. Des familles qui peinent à survivre. Des jeunes sans perspectives. Une nation entière suspendue entre résignation et explosion.

Si cette trajectoire n’est pas corrigée, il ne faudra pas s’étonner des conséquences. L’histoire l’a toujours démontré : lorsqu’un peuple est poussé à l’extrême, il finit par réagir.

Et ce jour-là, il ne sera plus question de chiffres, mais de dignité.

Abdias DENIS
Spécialiste en Développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire

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