Une année et demi de chaos
Dimanche 5 avril 2026. Cela fait déjà 1 an, 4 mois et 25 jours, soit environ 510 jours, 12 240 heures, 734 400 minutes et 44 064 000 secondes que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est à la tête du pays. Et à chaque seconde qui passe, la situation se dégrade. Rien ne va. Tout va de travers. Ce qui devait être une transition fragile s’est transformé en véritable descente vers le chaos.
Le peuple assiste, impuissant, à l’affaissement de l’État. L’autorité se dilue, les structures s’effondrent, et le vide est rapidement comblé par des forces armées qui imposent leur loi, avec la complicité tacite de ceux qui sont censés protéger la nation.
L’État dans l’État et la terreur quotidienne
La coalition armée « Viv Ansanm » ne se contente plus de menacer : elle s’installe, crée ses zones de contrôle, dicte les règles. Elle agit comme un État parallèle pendant que le gouvernement observe, hésite, ou se montre complaisant.
Les massacres se multiplient. La violence devient la norme, la peur devient le quotidien. Chaque tragédie succède à la précédente, sans justice, sans réparation. Le pays est pris en otage par l’insécurité et par ceux qui font de l’arbitraire leur loi.
Une gestion publique catastrophique
Sur le plan économique et administratif, le constat est tout aussi sombre. Les finances publiques sont mal gérées, opaques, souvent orientées vers des intérêts particuliers. Des contrats faramineux se succèdent, des subventions sont attribuées à des proches ou à des alliés, tandis que les besoins essentiels de la population restent ignorés.
La transparence est absente. La responsabilité est ignorée. L’État semble fonctionner pour enrichir quelques-uns plutôt que pour protéger tous les citoyens. Ce n’est plus une transition. C’est une liquidation nationale.
La corruption comme méthode de gouvernance
Plus grave encore : la corruption n’est plus un scandale, elle est devenue un système. Elle est idéalisée, sacralisée, presque célébrée. Les corrupteurs sont honorés, promus, protégés. On en vient à penser que la corruption est devenue un passage obligé pour exister dans le système politique.
Au lieu de freiner les abus, le pouvoir les encourage, s’alignant sur ceux qui lui sont les plus utiles. L’intérêt général est sacrifié sur l’autel des ambitions personnelles.
Gouverner avec le cœur ou avec la tête ?
Un pays ne se dirige pas avec le cœur, ni avec des arrangements opportunistes. Il se dirige avec la tête, avec lucidité, avec un sens profond de l’intérêt collectif. Gouverner, c’est prendre des décisions difficiles, protéger les citoyens, planifier l’avenir.
Aujourd’hui, les ambitions personnelles priment sur le destin collectif. Les calculs politiques remplacent la vision d’un État fort et juste. Pendant que certains consolident leur pouvoir, toute la nation vacille.
Conclusion
un bilan de la honte
Ce bilan n’est pas seulement mauvais. Il est honteux. Les citoyens paient le prix de l’inaction et du favoritisme. L’histoire jugera. Mais pour l’instant, le pays continue de s’enfoncer, seconde après seconde, jour après jour. Et chaque citoyen ressent, dans sa chair, le poids d’un leadership qui a trahi la nation.
Abdias DENIS
Spécialiste en développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire




