Dessalines en chute libre : démission du maire, État accusé d’abandon et de complicité face aux gangs

Dessalines en chute libre : démission du maire, État accusé d’abandon et de complicité face aux gangs

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La démission du maire de Dessalines, Dunord Sileus, jette une lumière crue sur l’effondrement progressif de l’autorité publique dans plusieurs régions du pays. Dans une lettre adressée au ministre de l’Intérieur, l’édile sortant dit quitter ses fonctions face à une situation sécuritaire devenue hors de contrôle, marquée par la présence dominante de groupes armés dans la commune.

Mais au-delà du départ d’un responsable local, c’est surtout la charge politique contenue dans sa décision qui fait polémique. Le maire accuse directement les autorités centrales d’abandonner Dessalines à son sort, dénonçant un État « absent, voire complice par son silence » face à l’expansion des gangs. Une accusation grave, qui met en cause la responsabilité du pouvoir dans la dégradation continue de la sécurité.

Selon lui, les engagements répétés du gouvernement en matière de rétablissement de l’ordre n’ont jamais été suivis d’actions concrètes. Pendant ce temps, affirme-t-il, les groupes armés renforcent leur emprise, tandis que les autorités locales se retrouvent sans moyens, ni protection, ni soutien effectif.

Sur le terrain, la démission est perçue comme le symbole d’un abandon institutionnel plus large. Une partie de la population parle d’un effondrement de l’État dans la commune, estimant que les responsables politiques, locaux comme nationaux, ont perdu le contrôle de la situation. D’autres y voient un acte fort de dénonciation, traduisant l’impossibilité pour un maire d’exercer ses fonctions dans un contexte dominé par la peur et la violence.

Mais la polémique reste vive. Certains habitants considèrent que ce départ ne fait que confirmer l’échec des autorités à tous les niveaux, dénonçant une gouvernance absente et déconnectée des réalités du terrain. Pour eux, la responsabilité ne se limite pas à une seule administration, mais engage tout le système politique.

Dans la commune, le quotidien reste marqué par l’incertitude et la peur. Les habitants disent vivre dans une forme de vide institutionnel, où l’État n’apparaît plus que par ses discours, sans présence réelle sur le terrain.

Cette nouvelle démission ravive ainsi le débat sur la responsabilité du gouvernement dans la crise sécuritaire actuelle. Entre accusations d’inaction, soupçons de complicité par négligence et effritement de l’autorité publique, Dessalines devient un nouveau symbole d’un État contesté dans sa capacité même à protéger ses citoyens.

Jean Yourry ATOUT, UNI FM

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