Démission à la Culture : un premier geste, mais la responsabilité reste collective

Démission à la Culture : un premier geste, mais la responsabilité reste collective

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La démission du directeur général du ministère de la Culture et de la Communication, Jean Garry Denis, marque un tournant dans la gestion de la crise née du drame de la Citadelle. Par cet acte, il envoie un signal fort : celui d’un minimum de respect envers le peuple haïtien, meurtri, choqué, et en quête de réponses.

Dans un pays où la culture de la responsabilité est souvent absente, cette décision peut être perçue comme un geste rare. Démissionner, c’est reconnaître, d’une manière ou d’une autre, que l’État a failli. C’est admettre que l’institution qu’on dirige n’a pas su prévenir l’irréparable.

Mais ce geste, aussi significatif soit-il, ne saurait suffire.

Car la gestion du patrimoine national, notamment des sites aussi emblématiques que la Citadelle, ne repose pas sur une seule personne. Elle implique une chaîne de responsabilités : des cadres techniques aux autorités politiques, en passant par les institutions spécialisées comme l’ISPAN, et les instances de décision au plus haut niveau de l’État.

Dès lors, une question s’impose : pourquoi une seule démission ? Où sont les autres responsables ? Qui, au sein de cette chaîne, assumera également sa part de responsabilité ?

Si l’acte posé par Jean Garry Denis doit être salué comme un début, il doit surtout ouvrir la voie. D’autres responsables, à différents niveaux, devraient logiquement suivre, non pas sous la pression populaire uniquement, mais au nom d’une exigence morale et institutionnelle.

Car il ne s’agit pas simplement de désigner un coupable, mais de reconnaître une faillite collective dans la gestion, la prévention et la protection du patrimoine national.

Le peuple haïtien ne demande pas des gestes isolés. Il réclame une refondation de la gouvernance publique, où la reddition de comptes ne serait pas une exception, mais une règle.

Sans cela, cette démission risque de rester symbolique, sans véritable impact sur les pratiques qui ont conduit au drame.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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