Un gallon vaut plus qu’une journée d’ouvrier : bienvenue dans l’Haïti du gouvernement d’ Alix Didier Fils-Aimé

Un gallon vaut plus qu’une journée d’ouvrier : bienvenue dans l’Haïti du gouvernement d’ Alix Didier Fils-Aimé

IMG_2150

C’est une réalité brutale, presque indécente, mais désormais banalisée : en Haïti, une journée de travail honnête ne suffit même plus à acheter un gallon de carburant. Travailler ne permet plus de vivre. Travailler ne permet même plus de se déplacer. Voilà le niveau d’effondrement auquel le pays est arrivé.

Deux semaines après la hausse des prix du carburant, rien. Pas une mesure d’accompagnement. Pas une annonce sur le salaire minimum. Pas même un semblant de considération pour ceux qui tiennent encore debout dans une économie en ruine. Le silence du gouvernement n’est pas un oubli : c’est un choix.

Aujourd’hui, le salaire minimum oscille entre 350 et 685 gourdes. En face, le prix du carburant dépasse largement ce seuil. Le contraste est violent, presque humiliant. Il traduit une vérité que le pouvoir refuse d’admettre : en Haïti, l’effort ne paie plus. Il écrase.

Ce déséquilibre n’est pas né d’hier. Il s’inscrit dans une logique bien rodée. Lorsque les prix du pétrole chutaient sur le marché international, aucune baisse n’avait été répercutée à la pompe. L’État était resté silencieux, immobile, presque indifférent. Mais aujourd’hui, à la moindre hausse, la répercussion est immédiate, mécanique, implacable. Ce deux poids, deux mesures ne relève pas d’une contrainte économique : il révèle une volonté politique.

Sous le gouvernement d’ Alix Didier Fils-Aimé, le carburant est devenu un instrument de pression sociale. Chaque augmentation est une charge supplémentaire imposée à une population déjà étranglée. Le transport augmente. Les produits de première nécessité suivent. Et au bout de la chaîne, c’est toujours le même qui paie : le citoyen sans défense.

Mais le plus alarmant reste l’absence totale de réponse sociale. Aucune révision du salaire minimum. Aucun mécanisme de compensation. Aucun effort pour amortir le choc. Comme si la souffrance économique de la majorité n’entrait pas dans l’équation du pouvoir.

Ce n’est plus seulement une crise économique. C’est une rupture. Une rupture entre ceux qui décident et ceux qui subissent. Une rupture entre un État qui impose et un peuple qui encaisse.

Car il faut le dire sans détour : quand un gouvernement laisse s’installer une situation où un gallon vaut plus qu’une journée d’ouvrier, il ne gouverne plus pour le peuple. Il gouverne au-dessus de lui, et parfois même contre lui.

Bienvenue dans cette Haïti-là. Une Haïti où le travail ne protège plus. Où l’effort ne garantit rien. Où survivre devient un combat quotidien pendant que le pouvoir regarde ailleurs.

Et dans ce décor, une question brûle toutes les lèvres : jusqu’à quand ?

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

Partager maintenant