Condition féminine : la nomination d’un homme à la tête du MCFDF provoque l’indignation de Fanm Angaje pou Ayiti

Condition féminine : la nomination d’un homme à la tête du MCFDF provoque l’indignation de Fanm Angaje pou Ayiti

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La nomination d’un homme au poste de directeur général du ministère à la Condition féminine et aux Droits de la femme (MCFDF) suscite une vive controverse au sein des organisations féministes haïtiennes. Dans une note rendue publique, la plateforme féminine Fanm Angaje pou Ayiti dénonce une décision qu’elle considère comme un recul grave dans la lutte pour la représentation des femmes dans les sphères de décision de l’État.

Selon les responsables de la structure, le choix effectué par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé traduit une volonté manifeste d’écarter davantage les femmes des postes stratégiques de l’administration publique. L’organisation estime qu’il est paradoxal qu’un ministère censé défendre les droits des femmes soit administrativement dirigé par un homme, dans un contexte où les revendications pour une meilleure inclusion féminine restent largement ignorées.

Dans sa déclaration, Fanm Angaje pou Ayiti parle d’une « pratique machiste » et critique sévèrement les autorités de transition. La plateforme rappelle que, sur les 18 ministères actuellement fonctionnels dans le pays, seulement trois femmes occupent des postes de directrices générales. Une réalité que les militantes jugent révélatrice d’un déséquilibre persistant au sein de l’appareil étatique.

L’organisation affirme également que cette nomination envoie un message préoccupant à la société haïtienne, particulièrement aux femmes engagées dans les luttes sociales et politiques. Pour les membres de la plateforme, cette décision symbolise une banalisation des revendications féminines et démontre, selon elles, un manque de considération envers les compétences des femmes haïtiennes capables d’occuper ces fonctions.

Alors que plusieurs organisations réclament depuis des années une participation plus équitable des femmes dans les institutions publiques, cette nouvelle polémique relance le débat sur la place accordée aux femmes dans la gouvernance du pays. Dans un contexte de crise politique, sociale et sécuritaire prolongée, des voix s’élèvent pour demander aux autorités de faire de l’inclusion et de l’égalité des priorités réelles plutôt que de simples discours institutionnels.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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