Le gouvernement haïtien a renouvelé son appel en faveur d’une coopération internationale plus forte sur les questions migratoires. À l’occasion du deuxième Forum d’examen de la migration internationale, organisé du 5 au 8 mai 2026 au siège de Organisation des Nations Unies à New York, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a insisté sur l’urgence d’une réponse concertée face aux défis migratoires auxquels Haïti est confronté.
Dans son allocution, le ministre a évoqué les conséquences de la migration irrégulière, l’exode des compétences ainsi que les difficultés rencontrées par de nombreux Haïtiens vivant à l’étranger. Il a soutenu que ces enjeux nécessitent des politiques communes capables de protéger les migrants tout en réduisant les facteurs qui poussent les populations à quitter leur pays.
Le représentant haïtien a également présenté plusieurs initiatives mises en œuvre par les autorités nationales pour mieux gérer les mouvements migratoires. Parmi elles figure la politique migratoire nationale adoptée en 2023, considérée par le gouvernement comme un cadre stratégique destiné à structurer l’action publique dans ce secteur.
Selon les autorités, cette orientation a facilité l’élaboration d’un plan de contingence conforme aux objectifs du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Un protocole national de prise en charge des migrants a aussi été développé avec l’appui de la Banque interaméricaine de développement afin d’améliorer l’accompagnement des personnes déplacées ou rapatriées.
Sur le plan humanitaire, le ministre a mis l’accent sur l’accès des migrants aux services essentiels, notamment les soins de santé, l’éducation et la protection sociale. Il a rappelé qu’un budget de 152 millions de gourdes a été prévu pour la construction d’un centre d’hébergement transitoire à Belladère dans le cadre de l’exercice fiscal 2025-2026.
Les autorités haïtiennes indiquent par ailleurs avoir accueilli plus de 170 000 migrants depuis octobre 2025, tout en affirmant vouloir garantir le respect de la dignité humaine dans les dispositifs d’accueil.
« Les politiques migratoires doivent reposer sur des données fiables et sur le renforcement des voies légales de migration, tout en combattant les réseaux de traite humaine », a déclaré le ministre au cours des discussions.
Organisé sous l’égide de l’ONU tous les quatre ans, ce forum international rassemble des représentants étatiques, des organisations de la société civile, des syndicats et des acteurs du secteur privé afin d’évaluer les progrès réalisés dans l’application du Pacte mondial sur les migrations.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




