Haïti : la Force de répression des gangs se donne jusqu’en 2028 pour créer un environnement sécuritaire propice au redressement du pays

Haïti : la Force de répression des gangs se donne jusqu’en 2028 pour créer un environnement sécuritaire propice au redressement du pays

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La Force de répression des gangs (FRG) entend poser, d’ici au 30 septembre 2028, les bases d’un retour progressif de l’autorité de l’État en Haïti. Cet objectif figure dans le premier rapport officiel présenté par son représentant spécial, Jack Christofides, à la présidente du Conseil de sécurité des Nations Unies, Leonor Zalabata Torres.

Le document expose la stratégie qui guidera les interventions de la mission au cours des prochaines années. L’ambition affichée n’est pas de résoudre définitivement la crise sécuritaire, mais de créer un environnement suffisamment stable pour permettre aux institutions haïtiennes de reprendre progressivement le contrôle du territoire et d’engager le processus de reconstruction de l’État.

Au cœur de cette stratégie figure la lutte contre les groupes armés qui exercent leur influence sur de vastes portions du pays. La FRG prévoit de conduire des opérations ciblées, fondées sur le renseignement, en collaboration avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), afin de reprendre les zones sous contrôle criminel et de réduire leur capacité de nuisance.

La protection des infrastructures jugées essentielles constitue un autre pilier du plan d’action. Les opérations devront notamment garantir la sécurité de l’aéroport international, des installations portuaires, des établissements pénitentiaires ainsi que des principaux corridors routiers, considérés comme indispensables au fonctionnement de l’économie et aux déplacements de la population.

Le rapport insiste également sur la nécessité de renforcer durablement les capacités opérationnelles des forces de sécurité haïtiennes. L’objectif est de permettre, à terme, aux institutions nationales d’assurer elles-mêmes la lutte contre les groupes armés, sans dépendre d’un appui extérieur permanent.

Pour atteindre ces résultats, Jack Christofides estime que la FRG devra disposer de l’ensemble des 5 550 membres prévus dans son mandat. Selon lui, ce déploiement complet permettra de mener des opérations d’envergure sur plusieurs fronts simultanément.

Le document identifie trois principales zones d’intervention. Le département de l’Ouest est présenté comme la priorité en raison de l’emprise des groupes armés sur une grande partie de Port-au-Prince. L’Artibonite est également considérée comme un secteur stratégique, où l’insécurité compromet les activités agricoles et économiques. Quant au département du Centre, il représente un axe clé pour limiter les déplacements des groupes criminels vers d’autres régions du pays.

Le représentant spécial souligne enfin que l’action de la FRG sera appelée à s’étendre progressivement aux dix départements d’Haïti, au rythme du renforcement de ses effectifs. Si le calendrier fixé à septembre 2028 marque une étape importante de la mission, il ne signifie pas, selon le rapport, la fin de la crise sécuritaire, mais l’atteinte d’un seuil minimal de stabilité permettant au pays d’amorcer un véritable processus de redressement.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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