Alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) multiplie les démarches en vue de l’organisation des élections de 2026, les critiques se font de plus en plus vives. Malgré une crise sécuritaire persistante et un climat politique marqué par la méfiance, le pouvoir poursuit le calendrier électoral, une orientation que plusieurs acteurs politiques jugent prématurée.
À ce jour, 316 partis politiques sont agréés par le CEP pour prendre part aux prochaines élections. Selon des informations obtenues par notre rédaction, le calendrier électoral pourrait être publié avant la fin du mois. Des sources proches du dossier indiquent également que les autorités envisageraient d’organiser les scrutins au mois de décembre 2026.
Toutefois, cette perspective soulève de nombreuses interrogations. Une grande partie du territoire demeure affectée par l’insécurité, avec des zones où les groupes armés imposent encore leur loi, compliquant les déplacements des citoyens et le fonctionnement normal des institutions. Pour plusieurs observateurs, la sécurisation du pays constitue un préalable incontournable avant toute consultation populaire.
Dans ce contexte, plusieurs responsables de partis politiques dénoncent la poursuite du processus électoral. Ils estiment que les conditions actuelles ne permettent ni une campagne libre, ni un vote crédible, ni une participation équitable de l’ensemble des acteurs politiques. Selon eux, maintenir le calendrier sans répondre aux défis sécuritaires risque d’ouvrir la voie à un scrutin fortement contesté.
Ces dirigeants accusent également le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, de vouloir accélérer le processus au bénéfice de son camp politique. Ils qualifient cette démarche de tentative de « hold-up électoral », tout en remettant en question sa capacité à conduire une transition susceptible d’aboutir à des élections transparentes, inclusives et démocratiques.
De son côté, le gouvernement n’a pas officiellement répondu à ces accusations et continue d’afficher sa volonté d’organiser les élections dans les délais envisagés. Le CEP, pour sa part, poursuit les opérations administratives prévues par le décret électoral, notamment l’enregistrement des groupements et regroupements de partis politiques.
À quelques mois des échéances annoncées, une question demeure : les autorités réussiront-elles à réunir les conditions indispensables à un scrutin crédible ou le processus électoral risque-t-il d’approfondir davantage les divisions politiques et la crise de confiance qui secoue déjà le pays.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




