Élections : un CEP sans calendrier donne l’impression d’avancer à l’aveugle

Élections : un CEP sans calendrier donne l’impression d’avancer à l’aveugle

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Le Conseil électoral provisoire (CEP) affirme avoir enclenché le processus électoral. Pourtant, à mesure que les semaines passent, une question fondamentale demeure sans réponse : où est le calendrier électoral ? Dans toute démocratie soucieuse de transparence, ce document constitue la pierre angulaire de l’organisation des élections. En Haïti, il brille toujours par son absence, alors même que l’institution multiplie les annonces administratives et les communiqués de circonstance.

Le CEP a fixé des périodes pour l’enregistrement des groupements politiques, prolongé certains délais et annoncé le démarrage de l’inscription des électeurs. Mais ces décisions sont communiquées de façon fragmentée, sans document de référence permettant aux partis, aux candidats et aux citoyens de connaître la chronologie complète du processus. Cette méthode donne l’impression d’une institution qui navigue à vue, improvisant chaque étape au gré des circonstances plutôt que de suivre une feuille de route clairement établie.

Cette manière de procéder nourrit inévitablement les doutes. Comment demander aux acteurs politiques d’accorder leur confiance à un processus dont les règles de fonctionnement ne sont pas officiellement présentées dans leur ensemble ? Comment convaincre la population que les élections seront organisées avec rigueur lorsque l’institution elle-même semble hésiter à publier le document le plus élémentaire de sa mission ?

À ce rythme, le CEP risque de transformer le processus électoral en une succession de notes de presse, chacune révélant une nouvelle étape sans que personne ne sache réellement ce qui suivra. Faudra-t-il attendre un nouveau communiqué pour apprendre la date d’ouverture des candidatures, un autre pour la campagne électorale, puis un autre encore pour la tenue du scrutin ? Une telle gestion affaiblit davantage la crédibilité d’une institution qui devrait pourtant inspirer confiance.

Le temps des annonces éparses doit laisser place à celui de la transparence. Si le CEP entend convaincre qu’il maîtrise réellement le processus électoral, il lui appartient de publier sans délai un calendrier officiel, complet et détaillé. À défaut, il sera difficile de dissiper le sentiment que cette transition électorale avance davantage au hasard des communiqués qu’au rythme d’une planification sérieuse, cohérente et responsable.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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