Aéroport sous tension : les entreprises dénoncent un État absent sur les points névralgiques

Aéroport sous tension : les entreprises dénoncent un État absent sur les points névralgiques

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La rencontre entre plusieurs entreprises haïtiennes et la Force de suppression des gangs (FSG) met une nouvelle fois en lumière une réalité que les communiqués officiels peinent à masquer : autour de l’Aéroport international Toussaint Louverture, la sécurité ressemble davantage à une promesse qu’à une réalité opérationnelle.

Des entreprises comme Comme Il Faut, Séjourné S.A., Brasserie La Couronne et Rhum Barbancourt ne se sont pas contentées d’un simple échange protocolaire avec le représentant spécial Jack Christofides. Leur message est clair : les zones stratégiques du pays, censées être protégées en priorité, se dégradent au rythme de routes impraticables, d’infrastructures fragilisées et d’une présence étatique jugée insuffisante.

Derrière les mots diplomatiques du communiqué, se dessine une inquiétude plus brutale : celle d’un secteur privé contraint de négocier avec l’insécurité comme variable quotidienne de production et de survie économique. L’accès à l’aéroport, principal poumon logistique du pays, devient ainsi un symbole d’un système où la circulation des biens et des personnes dépend davantage des groupes armés que des institutions.

La FSG, censée incarner la nouvelle architecture de réponse sécuritaire, se retrouve interpellée non seulement sur sa capacité d’action, mais aussi sur sa crédibilité face à des acteurs économiques qui, eux, subissent directement les conséquences de l’inaction prolongée.

Au final, cette rencontre ne raconte pas seulement une alerte : elle expose un déséquilibre profond entre un discours sécuritaire ambitieux et une réalité où même les infrastructures les plus stratégiques restent exposées, fragiles et contestées.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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