Dans le cadre du projet de décret électoral en préparation, les autorités envisagent une nouvelle grille tarifaire pour l’inscription des candidats aux prochaines compétitions électorales. Ces frais, jugés élevés par plusieurs observateurs, varient en fonction du niveau de responsabilité politique visé.
Selon les dispositions proposées, tout candidat à la Présidence de la République devra s’acquitter d’un montant de 800 000 gourdes. Pour le Sénat, les frais d’inscription sont fixés à 400 000 gourdes, tandis que les aspirants députés devront payer 200 000 gourdes.
Au niveau des collectivités territoriales, les tarifs sont également définis : 75 000 gourdes pour un cartel municipal, 25 000 gourdes pour un cartel de CASEC, et 5 000 gourdes pour un cartel d’ASEC. Les délégués de ville, quant à eux, devront verser 5 000 gourdes pour valider leur candidature.
Cette nouvelle structure tarifaire soulève déjà des interrogations au sein de l’opinion publique et de la classe politique. Certains y voient une mesure visant à filtrer les candidatures fantaisistes et à responsabiliser les postulants. D’autres, en revanche, dénoncent un risque d’exclusion des citoyens aux moyens financiers limités, dans un contexte socio-économique déjà marqué par de profondes inégalités.
Des acteurs de la société civile appellent à un débat national autour de ces frais, estimant qu’ils pourraient constituer un obstacle à la participation démocratique, notamment pour les jeunes et les candidats indépendants. Ils plaident pour un mécanisme plus inclusif, permettant de concilier rigueur électorale et accessibilité.
En attendant l’adoption officielle du décret, la question du coût de la démocratie s’impose comme un enjeu central, révélateur des tensions entre gouvernance électorale et équité politique en Haïti.
Jean Yourry ATOUT, Uni Fm




