Alix Didier Fils-Aimé : gouverner par l’effondrement

Alix Didier Fils-Aimé : gouverner par l’effondrement

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Il faut appeler les choses par leur nom : ce qui se joue aujourd’hui n’est pas une crise mal gérée, c’est une logique de pouvoir qui prospère sur la ruine.

Sous l’autorité d’Alix Didier Fils-Aimé, l’État ne vacille pas par accident  il se vide de sa substance. L’insécurité n’est plus une dérive, elle devient un climat. La misère n’est plus une urgence, elle devient une norme. Et dans ce paysage dévasté, le pouvoir, lui, persiste, intact dans sa priorité essentielle : durer.
Ce n’est plus de la déconnexion. C’est une rupture politique assumée avec la société.

Car pendant que le pays s’enfonce, aucune décision à la hauteur n’émerge. Aucun acte de rupture. Aucun signal fort. Seulement une continuité glaciale : gérer l’effondrement sans jamais l’arrêter. Administrer le désastre comme s’il était inévitable. Installer l’idée que rien ne peut vraiment changer.

Et c’est là que réside le cœur du problème.

Un pouvoir qui banalise la catastrophe finit par s’en nourrir. Chaque jour sans solution devient un jour gagné. Chaque crise non résolue devient un outil de contrôle supplémentaire. Chaque citoyen épuisé devient un opposant en moins.

C’est une politique de l’usure.

Une stratégie où la faim affaiblit, où la peur disperse, où l’incertitude paralyse. Une stratégie où l’État ne protège plus, mais observe. Où il ne corrige plus, mais s’adapte à la dégradation.

Et pendant ce temps, le discours officiel continue, presque mécanique : promesses sans échéance, annonces sans effets, mots sans conséquences. Une mise en scène du pouvoir qui contraste violemment avec la brutalité du réel.

Ce décalage n’est plus seulement choquant il est dangereux.

Car gouverner ainsi, c’est prendre le risque d’un point de rupture incontrôlable. C’est croire que la fatigue d’un peuple est infinie. C’est oublier que l’histoire bascule toujours au moment où plus rien ne semble possible.

On ne dirige pas un pays en le laissant s’effondrer.

On ne construit pas de stabilité sur la désintégration sociale.

Et surtout, on ne peut pas indéfiniment tenir un peuple dans la survie sans provoquer, tôt ou tard, une réaction à la hauteur de la souffrance accumulée.

Alors non, il ne s’agit plus de critiquer une gestion.
Il s’agit de dénoncer une trajectoire.

Et de poser, frontalement, la seule question qui vaille désormais : ce pouvoir veut-il encore sauver le pays, ou simplement survivre à sa chute ?

Abdias DENIS
Spécialiste en Développement
Philosophe – Politologue
Professeur – Journaliste
Essayiste – Pamphletaire

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