Haïti : « Handprint Art » ou l’hypocrisie ministérielle face au consentement et à la responsabilité parentale

Haïti : « Handprint Art » ou l’hypocrisie ministérielle face au consentement et à la responsabilité parentale

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Depuis quelques jours, une pratique festive baptisée « handprint art » fait scandale sur les réseaux sociaux haïtiens. Au Festi Color, des jeunes filles vêtues de t-shirts blancs se sont vues appliquer des mains enduites de peinture par des participants masculins. Si certains dénoncent ces gestes comme des agressions sexuelles, les vidéos disponibles montrent que la majorité des participantes semblent consentantes, riant et participant volontairement à l’activité.

Pourtant, la Direction Départementale Nord du Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme a rapidement publié un communiqué condamnant ces gestes comme des agressions sexuelles. Cette réaction a provoqué une vague de critiques : assimiler une pratique artistique et consensuelle à une agression sans enquête ni dialogue relève d’une lecture disproportionnée et d’une forme d’hypocrisie ministérielle.

Mais au-delà de la polémique sur le consentement, un problème majeur est largement ignoré : la responsabilité des parents et familles. Ces jeunes filles ont été autorisées à participer à un événement où elles étaient exposées à des contacts physiques intimes dans un cadre public. Beaucoup d’observateurs soulignent que si les parents avaient encadré, conseillé et sensibilisé leurs enfants, certaines situations controversées auraient pu être évitées. Les images circulant sur les réseaux reflètent non seulement un moment festif, mais aussi un manque de vigilance parentale, qui contribue à ces polémiques.

Cette affaire révèle une tension cruciale : la prévention des violences doit intégrer la responsabilité parentale, et non se limiter à des dénonciations médiatiques déconnectées de la réalité du consentement. Le Ministère, en dénonçant ces gestes sans nuance, occulte le rôle des familles dans la protection et l’éducation des jeunes filles, et laisse planer une confusion dangereuse dans l’opinion publique.

Pour véritablement protéger les jeunes filles, il ne suffit pas de condamner des pratiques festives artistiques : il faut éduquer, encadrer et responsabiliser les familles, afin que le consentement, la sécurité et le respect du corps deviennent des réalités quotidiennes, plutôt que de simples slogans ministériels.

Jean Yourry ATOUT, Uni Fm

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