Le processus électoral semble aujourd’hui totalement paralysé, alors que les initiatives du Conseil Électoral Provisoire peinent à aboutir. Plusieurs observateurs pointent du doigt un manque de volonté politique au sommet de l’État, notamment au sein de l’exécutif dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accusé de freiner toute avancée concrète vers l’organisation des élections.
Dans le même temps, la situation sécuritaire continue de se détériorer à travers le pays. Aucun résultat significatif n’est enregistré dans la lutte contre les groupes armés, tandis que le département du Sud-Est rejoint désormais la liste des zones touchées par la violence. L’expansion de l’insécurité soulève de vives inquiétudes quant à la capacité de l’État à rétablir l’ordre et à protéger la population.
Par ailleurs, des critiques de plus en plus fortes dénoncent la concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle politique proche du chef du gouvernement. Plusieurs postes clés de l’administration, notamment dans les secteurs régaliens et stratégiques, seraient dominés par cette même sphère d’influence, alimentant des accusations de gestion partisane de l’État, en contradiction avec les engagements pris dans le cadre des accords politiques récents.
Sur le plan social, la situation reste tout aussi alarmante. Plus de 40 % de la population est confrontée à l’insécurité alimentaire, selon diverses estimations, tandis que les institutions publiques, dont l’Université d’État d’Haïti, continuent de se fragiliser. Dans ce contexte de crise multidimensionnelle, des voix dénoncent également des privilèges accordés à certains groupes proches du pouvoir, accentuant le sentiment d’injustice et d’exclusion au sein de la population.
Entre blocage politique, détérioration sécuritaire et crise sociale profonde, la gouvernance actuelle fait face à de nombreuses critiques sur sa capacité à répondre aux urgences nationales et à respecter les engagements de transition démocratique.
Jean Yourry ATOUT, UNI FM




